« Voyages

C'est la mer à voir

Percé

Textes : Didier Constant et Johanne Vaillancourt* – Photos : Didier Constant

À la demande générale — c’est l’histoire la plus lue de l’histoire de motoplus depuis sa création — nous avons décidé de remettre en ligne cet article publié pour la première fois en 2009. Bon voyage!


C’est la fin du mois d’août. L’après-midi est déjà bien avancé et nous roulons à bonne allure sur la 132, en direction est. Nous venons tout juste de quitter Rivière-du-Loup où nous nous sommes arrêtés pour faire le plein et nous désaltérer. Le soleil qui commence à descendre à l’horizon envelop­pe la région d’une lumière dorée irréelle. Depuis que nous sommes sortis de La Pocatière, l’air s’est rafraîchi. À tel point que nous avons dû enfiler un pull sous notre blouson. Le vent est faible et légèrement salé. On dirait qu’une ligne de démarcation sépare La Pocatière du reste du Bas-Saint-Laurent. En effet, tout change à partir d’ici. La température, le paysage, l’air, l’ambiance. On a le net sentiment d’entrer dans une autre région. Maritime. Entièrement tournée vers la mer. En suivant le littoral, nous arrivons au magnifique parc national du Bic avec ses paysages découpés par la mer et ses rochers qui prennent racine dans l’eau. La route se met alors à vivre. Elle serpente en se frayant un chemin entre le fleuve et le relief escarpé. Elle monte, descend, tournicote et remonte encore. Puis, soudainement, elle redevient calme. En regardant sur le côté de la route, je peux voir notre ombre qui s’étire et nous suit à la trace en dessinant une silhouette mystérieuse sur les champs ocre. C’est sublime! Bientôt, il fera sombre. Il va falloir augmenter la cadence si nous voulons arriver avant la nuit…

04

 Le grand tour, c’est le grand jeu

Le tour de la Gaspésie, c’est une boucle de près de 900 kilomètres, par la route 132 qui contourne la péninsule. Avec Sainte-Flavie pour point de départ et d’arrivée. À l’entrée du village, la 132 se sépare en deux itinéraires. On se dirige soit vers le nord, par Matane, soit vers le sud, par la vallée de la Matapédia. Que l’on choisisse une direction ou l’autre, la route est spectaculaire. Et elle vaut au tour de la Gaspésie d’être classé « trois étoiles » au réputé Guide Vert Michelin. Le magazine National Geographic, de son côté, en a fait l’un des circuits incontournables de son « Tour du monde en 80 destinations » (National Geographic Traveler 20th anniversary issue, octobre 2004). Vous voyez! Je ne suis pas le seul à le dire.

Dans notre cas, nous avons choisi de faire le tour de la Gaspésie dans le sens horaire, en passant par le nord. Nous sommes finalement arrivés au motel Gaspésiana, à Sainte-Flavie, à 18 h 45. Pas besoin de GPS pour trouver l’établissement. Il est impossible de le manquer. C’est non seulement l’hôtel le plus important du village, mais, en plus, il est coincé entre la 132 et la mer. Juste à côté du quai où tout le monde vient observer les couchers de soleil légendaires de la région.

À une dizaine de kilomètres de là, vous pourrez visiter les fabu­leux Jardins de Métis où histoire, nature et culture se mélangent. Prévoyez une pause de quelques heures pour faire le tour du site, avec ses 3 000 espèces de plantes indigènes et exotiques, réparties dans 18 jardins. Sans manquer le fameux Festival international de jardins. Durant votre visite, vous apprendrez également comment, à la fin du 19e siècle, l’endroit est devenu le lieu favori de villégiature estivale des riches familles anglophones de Montréal et du nord-est des États-Unis, ainsi que de la bourgeoisie de Québec, plutôt francophone. Avides de pêche au saumon et de chasse, ces touristes « jet-set » ont construit des camps de fortune dans la région, qui, au fil des ans, sont devenus de ­luxueuses résidences. C’est le cas de la Villa Estevan qui trône fièrement sur le site des Jardins de Métis, mais aussi du Gîte du Mont-Albert, dans le Parc national de la Gaspésie, dont la construction remonte au milieu années 1930. Un endroit luxueux et confortable perdu en pleine nature, au pied du Mont-Albert et des majestueux monts Chic-Chocs. Profitant de la beauté de l’endroit, nous avons décidé d’y passer la deuxième nuit de notre séjour. Une décision que nous avons d’autant moins regrettée que l’auberge propose une fine cuisine, à base de produits du terroir, dans un décor unique.

Mont-Albert
Auberge du Mont-Albert

 La Côte, entre Fleuve et mer

Le lendemain, nous avons refait les 40 kilomètres qui nous séparaient de Sainte-Anne-des-Monts en sens inverse. De retour sur la 132, nous avons suivi la route en passant par Matane, le centre économique et industriel de la Côte. Connue pour ses crevettes nordiques du Canada (ou crevettes de Matane), la ville compte également des usines de pâtes et papier et un des plus importants parcs éoliens au Québec, situé à Saint-Ulrich, quelques kilomètres à l’ouest de Matane. Plusieurs de ces parcs éoliens sont disséminés sur la côte, à Baie-des-Sables, Cap-Chat, ou encore L’Anse-à-Valleau, mais aussi à l’intérieur des terres, particulièrement vers Murdochville.

Quand on visite la Gaspésie pour la première fois, on se demande comment elle a pu devenir une destination touristique reconnue sans succomber aux ravages du tourisme de masse. Où que vous soyez dans la péninsule, vous constaterez à quel point la nature a été respectée. D’ailleurs, les parcs y sont nombreux et vastes: Parc national du Canada Forillon, Parc du Rocher Percé et de l’Île Bonaventure, Parc national de la Gaspésie, Parc national de Miguasha, sans parler des réserves fauniques des Chic-Chocs, de Matane, ou de Dunière.

De la route 132, vous avez toujours une vue imprenable sur le Fleuve ou sur l’océan. Pas d’hôtels en rangs d’oignons, comme en Floride ou dans les îles. Mais, par endroits, des cabanons multicolores à louer à prix imbattables, pour une nuit ou une semaine. Ou des chambres d’hôtes douillettes et charmantes où l’on vous accueille comme des princes. L’accès à la mer est direct. Et gratuit. Pas de cotes aménagées, ni de plages privées. Seulement la nature à l’état sauvage. Il faut dire qu’on ne vient pas en Gaspésie pour se prélasser sur la plage toute la journée, en forfait « tout compris ». Non! On y vient pour découvrir une région, la visiter, pratiquer une foule d’activités, comme le kayak de mer ou la plongée sous-marine, la randonnée pédestre et le vélo de montagne. On peut aussi y observer les oiseaux ou les baleines, à partir de la rive ou lors d’une excursion en mer, de même que l’orignal ou le caribou. Les amateurs de pêche sportive en rivière seront particulièrement choyés par les multiples sites qui s’offrent à eux. Et tomberont sous le charme des rivières Causcapédia et Matapédia qui se jettent dans la Baie des Chaleurs.

Phare de La Martre
Phare de La Martre

 Des panoramas grandioses

La Haute-Gaspésie est une région majestueuse. Sauvage et isolée. Sa cote, qui s’étend approximativement de Sainte-Anne-des-Monts à Petite Vallée, est pittoresque. Nichée au creux d’une anse, Sainte-Anne-des-Monts illustre bien le mariage entre mer et montagnes qui caractérise la région. Un arrêt sur le quai du village s’impose pour visiter « Exploramer, la mer à découvrir », un complexe d’acti­vités scientifiques du milieu marin qui inclut un aquarium et un musée, et propose des excursions en mer.

En sortant de Sainte-Anne, le Fleuve s’élargit et commence à se prendre pour un océan. Les montagnes qui le surplombent révèlent des plages rocailleuses. Les villages côtiers, blottis dans des anses tranquilles, semblent vivre hors du temps. En chemin, perché au sommet d’une colline, le phare de La Martre, veille au grain. Comme celui du Cap-de-la-Rivière-Madeleine, un peu plus loin. Puis, à quelques kilomètres de là, au détour d’un virage, en haut d’une falaise impressionnante, vous tombez sur Grande-Vallée, en contrebas. Une aire d’observation est aménagée afin que vous puissiez vous arrêter un moment et profiter de la vue imprenable qui s’offre à vous. La sortie du village marque le début de la région de La Pointe, bordée par le Golfe du Saint-Laurent, peut-être la plus connue de la Gaspésie. Et la plus visitée. Pendant les trente kilomètres qui suivent, c’est l’extase motocycliste. La route qui se transforme en circuit naturel, avec des courbes serrées, des descentes vertigi­neuses et des remontées abruptes distille un maximum de sensations fortes. Selon le rythme que vous adopterez, vous sentirez l’adrénaline monter en vous. Si vous avez déjà parcouru la Cabot Trail, sur l’île du Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse, vous trouverez le décor familier.

Grande-Vallée
Grande-Vallée

En route vers Gaspé, vous traverserez Pointe-Jaune, Saint-Maurice-de-l’Échouerie, Petit-Cap, Rivière-au-Renard ou L’Anse-au-Griffon, autant de villages charmants aux noms évocateurs. Profitez de l’occasion pour faire un saut au centre culturel Le Griffon, qui abrite un restaurant, un bar, une boutique, un atelier et une galerie d’art. Situé à proximité du havre, en plein coeur du village de L’Anse-au-Griffon, son site, son histoire et son architecture en font un élément important du pa­trimoine maritime gaspésien. Il a été bâti sur les lieux de l’ancien entrepôt frigorifique fermé en 1990. Prenez également quelques minutes pour faire le tour du Manoir Le Boutillier, ancienne propriété de John Le Boutillier, un des hommes d’affaires les plus prospères de la Gaspésie (et du Canada) au milieu du 19e siècle. Là, comme à Forillon, au parc de l’Île Bonaventure ou encore au site historique du banc de pêche de Paspébiac, on vous racontera comment les familles Le Boutillier, Robin et Hyman, des grands marchands, armateurs et pêcheurs de morue de l’époque ont contrôlé le développement économique de la Gaspésie. Ces commerçants ­d’origine protestante — à l’exception de Whyman qui était un juif polonais — venaient des îles anglo-normandes, principalement de Jersey. Ils ont établi des comptoirs de pêche tout autour de la Gaspésie, réputée pour la qualité de sa morue, du Labrador, de Terre-Neuve et du Nouveau-Brunswick. Ensuite, ils ont développé un mode d’exploitation des pêches bien structuré dans lequel les pêcheurs locaux étaient asservis à leurs compagnies par le crédit que leur consentaient les magasins généraux de celles-ci. Et comme les dettes des pêcheurs étaient héréditaires, leurs fils devaient les honorer à la mort du père.

En route vers le parc national du Canada Forillon, vous traversez Cap-des-Rosiers, où son phare célèbre, le plus haut du pays, domine le paysage. Puis, quelques kilomètres plus au sud, c’est l’entrée du secteur sud du parc. En direction de Cap-aux-Os, visi­tez Fort Péninsule, le vieux guetteur, vestige de la Deuxième Guerre mondiale. Suivez la route panoramique qui sillonne le parc entre mer et montagne. Puis découvrez le cap Bon Ami, ses falai­ses et ses plages rocailleuses. Dans ce paysage à couper le souffle, vous pourrez à loisir observer les orignaux, les ours noirs, les baleines, les phoques et autres oiseaux marins. Dans la baie, vous pourrez vous détendre en faisant une excursion d’observation des baleines au large de Forillon et de Gaspé où vous pourrez faire une halte, si le cœur vous en dit.

Phare de Cap-des-Rosiers
Phare de Cap-des-Rosiers

Avec ses 14 821 habitants, Gaspé est la plus grosse ville de la Gaspésie, dont elle est le centre administratif. Cette année, la ville fêtait le 475e anniversaire de sa découverte par Jacques Cartier, le 24 juillet 1534, qui réclama le territoire au nom du roi de France, François 1er. Rapidement, la Gaspésie accueillit de nouveaux arrivants venus de France (Acadiens, Normands, Bretons, et Basques) ou du Royaume-Uni (Anglais, Irlandais, Écossais) ou des îles anglo-normandes (Jersiais, Guernesiais). La Gaspésie devint alors une terre de métissage dans laquelle s’est créé un heureux mélange de traditions, de cultures, de religions, de délices culinaires et d’accents colorés que l’on retrouve encore aujourd’hui.

 Des sites à visiter

Au sud de Gaspé, Douglastown, située en bordure de l’anse de la rivière Saint-Jean et de la baie de Gaspé, offre une vue exceptionnelle sur la péninsule du parc Forillon. Et sur les très belles plages des environs. Dont celles de Fort-Prével, domaine touristique réputé. Puis vous traversez Barachois. Là vous longerez les marais de la plus importante lagune intérieure du Québec. En face, on aperçoit les monts de Percé. La route longe le golfe, puis devient si­nueuse, tortueuse même, en abordant ces montagnes. Après quelques kilomètres de route en lacets, au détour d’un virage, vous parvenez au sommet du Mont-Ste-Anne. Là, impossible de faire autrement que de tomber sous le charme du panorama qui s’offre à vous. La descente sur Percé est à pic et le spectacle grandiose. Le Rocher Percé et l’île Bonaventure apparaissent alors dans toute leur splendeur. Dans la lumière dorée d’une fin d’après-midi d’été. Au fur et à mesure de la descente, le village lui-même se révèle. Petit à petit. Avec une pudeur un peu déplacée compte tenu du caractère vénal de l’endroit. Car Percé est le seul véritable lieu « touristique » de la Gaspésie. En déambulant dans les rues, le mélange des langues aux accents qui chantent nous donne l’impression d’être dans la tour de Babel. Les touristes se baladent de boutiques de souvenirs en galeries d’art, en faisant une pause à la terrasse d’un café. Comme tous les touristes du monde, d’ailleurs. Et sourient aimablement à leurs congénères.

Arrivée sur Percé
Arrivée sur Percé

À Percé, nous avons élu domicile à l’hôtel Riotel durant deux jours. Notre chambre, vaste et confortable, donnait directement sur le Rocher Percé et l’île Bonaventure que nous pouvions voir de notre lit, par la fenêtre. Un spectacle enchanteur. Si vous aimez les poissons et les fruits de mer, vous serez comblés. Percé regorge de restaurants gastronomiques ou familiaux servant des spécialités de la région. Dont des dizaines de plats à base de morue (personnellement, j’adore) tous plus délicieux les uns que les autres, des chaudrées de palourdes, des soupes de poisson… De quoi satisfaire les gourmets les plus exigeants.

Si vous restez plus d’une journée dans la région, une visite à l’Île Bonaventure s’impose. Ce sanctuaire est le refuge de 300 000 oiseaux marins, dont une colonie de 122 000 fous de Bassan, la plus importante au monde. Vous pourrez également effectuer une visite guidée du village de pêcheurs reconstitué. Les agents de ce parc national sont accueillants et qualifiés. Et certains, originaires de la région, la connaissent sur le bout des doigts. À la sortie de Percé, en direction sud, vous traversez le village de l’Anse-à-Beaufils où se trouve un magasin général historique restauré par les fils de l’ancien propriétaire. À voir, surtout si vous êtes amateur d’histoire (s)… Et, à quelques encablures de là, La Vieille Usine, un café-bistrot aménagé dans une ancienne usine de transformation du poisson fait également office de salle de spectacle et de salle d’expositions. Allez vous balader sur la plage avoisinante, à la recherche de pierres semi-précieuses (agates, jaspes, cornalines, quartz) ou observez de sublimes couchers de soleil. Au choix.

Ile Bonaventure
Ile Bonaventure

À mesure que vous approchez de Grande-Rivière, puis de Chandler, vous noterez que le décor change, subtilement. Puis, à Shigawake, à la sortie de Port-Daniel-Gascons, vous entrez dans la région de la Baie des Chaleurs, qui fait partie du club sélect des plus belles baies du monde. De village en village, le nom des lieux que vous traversez vous fera prendre conscience de la mosaïque culturelle qui compose la Baie des Chaleurs. De ses origines française et acadienne (Gascons, Saint-Godefroi, Bonaventure, Saint-Omer) britannique (Hope Town, New Carlisle, New Richmond, Carleton-sur-Mer) et autochtone (Shigawake, Paspébiac, Cascapédia, Gesgapegiag, Escuminac, Miguasha, Matapédia, Listuguj). À Bonaventure, on retrouve le Musée aca­dien du Québec. Lieu d’histoire et d’ethnologie, relatant la vie des Acadiens du Québec, le musée est devenu une véritable place publique où de nombreuses activités culturelles et éducatives favorisent la découverte et le partage de ce riche héritage. La vi­site, qui dure environ deux heures, vaut vraiment le coup d’œil.

Avant de rejoindre Carleton-Sur-Mer, station balnéaire dominée par le Mont Saint-Joseph, avec ses plages renommées et ses paysages grandioses, nous avons fait un crochet par le parc na­tional de Miguasha, à Nouvelle. Ce site fossili­fère classé Patrimoine mondial de l’UNESCO nous ramène 378 millions d’années en arrière. C’est à Carleton-Sur-Mer que nous avons passé notre dernière nuit gaspésienne au Manoir Belle-Plage, face au Golfe.

L’Anse-à-Beaufils
Le magasin général historique de l’Anse-à-Beaufils

Sur le chemin du retour

Pour compléter le tour de la Gaspésie, il aurait fallu, logiquement, remonter par la vallée de la Matapédia, en longeant la rivière du même nom, reconnue pour la qualité de son saumon. En croisant Causapscal, puis Amqui où l’on peut soit remonter à Mont-Joli en passant par Sayabec et Saint-Moïse, soit bifurquer au nord-est, vers Matane, par Saint-René-de-Matane. Mais, au dernier moment, je me suis souvenu que la traversée du parc de la Gaspésie m’avait charmé, lors de mon dernier séjour dans la région, en 1990. J’ai donc opté pour cette destination. Après 20 minutes, je suis tombé sur une section de virages rapides à grand rayon qui se succédent à un rythme infernal, pendant plusieurs dizaines de kilomètres. Et les sensations que j’avais ressenties à l’époque me sont revenues à la mémoire. C’était le matin. Il était tôt. Trop tôt pour les touristes. Seuls quelques pêcheurs sportifs taquinaient le poisson dans la rivière Cascapédia. La route était quasiment déserte, le revêtement parfait, la température fraîche, mais clémente. J’ai accéléré la cadence. La Béhème suivait le rythme sans broncher.

Tout comme ma femme qui a cependant adopté une posture plus sportive. Le moteur de la K1300GT chantait dans les tours. Avec une sonorité rauque. Grâce à son châssis rigoureux et stable, la « GT » ne bougeait pas. Elle se propulsait d’un virage à l’autre, avec grâce et facilité. Négociant les virages avec un aplomb surprenant compte tenu de son gabarit. Une fois posée sur l’angle, elle conservait sa trajectoire, imperturbable. Un vrai rail! On aurait dit une danse rituelle. À laquelle le pilote et le passager prenaient part à l’unisson avec la machine. J’avais le sentiment de vraiment faire corps avec la moto. Le nirvana sur deux roues. En sortant du parc, la pluie nous attendait à Sainte-Anne-des-Monts. Et elle nous a accompagnés jusqu’à Sainte-Flavie où nous avons fait halte pour diner à la Rose des Vents, un petit resto sans prétention à la sortie ouest du village où l’on sert une soupe de poisson succulente. Nos vacances gaspésiennes prenaient officiellement fin. Par la suite, nous nous dirigerions à Montmagny pour y passer la nuit avant de partir dans Charlevoix, le lendemain.

Route du Parc de la Gaspésie
Route du Parc de la Gaspésie

Au terme de ce voyage d’une semaine, je dois avouer que j’ai été charmé par la Gaspésie. Par la beauté de ses paysages, par la diversité de ses sites, par le bon état général de son réseau routier et l’intérêt de ses routes — pour les motocyclistes, il va de soi —, par la qualité des prestations qu’elle offre, mais surtout, par la gentillesse de ses habitants et la chaleur de leur accueil. À l’inverse des destinations soleil où l’on va, l’hiver, pour s’évacher sur la plage et ne rien faire de la journée, la Gaspésie est une destination active. Une destination où les découvertes que l’on fait rivalisent largement en terme d’exotisme avec certaines contrées éloignées. Son relatif éloignement avec Montréal et Québec, ainsi que sa capacité d’accueil réduite, comparativement à d’autres régions touristiques plus développées, lui permettent de préserver sa nature et de proposer une expérience unique. Et moi, ça me plait bien!

Infos complémentaires

02

Carnet moto

Publié par l’Association touristique régionale de la Gaspésie, le Carnet moto contient une foule d’informations précieuses pour les motocyclistes désireux de découvrir la Gaspésie. Ce fascicule de 40 pages vous propose des cartes de la région et sept circuits thématiques grâce auxquels vous ne manquerez rien lors de votre prochaine visite dans la péninsule. Itinéraires, points d’intérêts, activités, événements, hébergements recommandés, tous les renseignements importants sont regroupés dans un carnet au format pratique qui se glisse dans une poche de blouson ou une sacoche de réservoir. Contactez le bureau de l’Association touristique régionale de la Gaspésie (ATRG) pour vous le procurez. Ou visitez le site Gaspésie je t’aime.com pour plus d’information. www.gaspesiejetaime.com.

carte-gaspesie-950

* Nous tenons à remercier Madame Johanne Vaillancourt, responsable des publications touristiques, Tourisme Gaspésie, de nous avoir permis de reproduire partiellement certains textes du Carnet moto dont elle est l’auteure, assistée de [motamo] – Lise Côté.

CarteGaspesie_1600

Activités et curiosités

Association touristique régionale de la Gaspésie (ATRG)
Sainte-Flavie (QC) G0J 2L0
(418) 775-2223
1-800-463-0323
www.tourisme-gaspesie.com
Parc national Forillon
(418) 368-5505
www.pc.gc.ca/fra/pn-np/qc/forillon/index.aspx
Musée Acadien du Québec à Bonaventure
(418) 534-4000
www.museeacadien.com
Jardins de Métis
Métis-sur-Mer
(418) 775-221
www.jardinsmetis.com
Centre culturel Le Griffon
L’Anse aux Griffons
(418) 892-5679 – ( 418) 892-0115
www.lanseaugriffon.ca
Parc national de Miguasha
Nouvelle
(418) 794-2475
www.sepaq.com/pq/mig/fr
Centre Exploramer
Sainte-Anne-des-Monts
(418) 763-2500
www.explorama.org
Parc national de l’Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé
4 rue du Quai, Percé
(418) 782-2240
Mont St-Joseph
Carleton-sur-Mer
Phare de La Martre
(418) 288-5698
www.pharedelamartre.com
Magasin général historique
Anse-à-Beaufils
(418) 782-2225
www.magasinhistorique.com
Croisières Baie de Gaspé
(418) 892-5500
www.baleines-forillon.com
Site historique du Banc de Pêche de Paspébiac
(418) 752-6229
www.shbp.ca

 Galerie

5 résponses à “Le tour de la Gaspésie à moto 
”

  1. Alexandre AMORTILA

    Merci pour magnifique voyage.
    Dommage que la K1300-GT ne soit plus fabriquée :-( pourquoi ?

    Répondre
    • Didier Constant

      BMW abandonne la gamme K1300 au profit des plateformes K1600 et S1000. Dans le cas de la K1300GT, elle est remplacée par la K1600GT (6 cylindres) pour les amateurs de tourisme et par la S1000XR (pour les fans de GT sportive).

      Répondre
  2. Denis Henry

    Bonjour, merci de nous rappeler certains coins très magnifique de la Gaspésie. Étant Gaspésien et grand amateur de moto, nous habitons un magnifique territoire pour les adeptes de motos et de bien d’autres activités. :)

    Répondre
  3. Dan Desgagnes

    Merci Didier, Vive la Gaspésie Ma famille habite dans cette belle région, j’ai fait la ride avec ma fille l’an passé elle avec sa moto elle a trippé. et la Cabot Trail ensuite. la dernière fois avec toi on a rouler a Tremblant TSBK et la soirée sous les étoiles a parler moto, faudra faire un trip ensemble ciao. Kingdelaglisse #17

    Répondre
    • Didier Constant

      C’est une bonne idée d’aller rouler ensemble un de ces jours Dan. Au plaisir de te revoir à Tremblant ;-)

      Répondre

Répondre