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L’Andalousie en BMW F850 GS Adventure

Alcázar

Photos : Didier Constant, Nathalie Renaud, BMW Motorrad, Wikipedia, DR

Arrivés à Madrid par un vol direct en provenance de Montréal, nous jouons les touristes pendant trois jours dans la capitale espagnole. Il faut dire que la ville est sublime et regorge de musées et d’attractions pour peu que l’histoire et la culture vous intéressent. Mais musarder plus longtemps ne serait pas raisonnable. Et puis, j’ai des fourmis dans les jambes. Savoir que la F850 GS Adventure m’attend dans le nord de la ville ne fait qu’augmenter mon impatience. Je vais donc ramasser la bête, seul, question de me familiariser avec elle avant de prendre la route en couple, la moto chargée à ras les valises.

Plaza Major
Plaza Major, Madrid

La GSA qui m’attend — une version Rallye dotée de toutes les options possibles — est sublime. Ses valises et son top case vont pouvoir accueillir tous nos bagages facilement. Elle affiche 8800 km au compteur et est chaussée de pneus mixtes Michelin Anakee 3 à vocation routière. En m’approchant d’elle pour installer mon TomTom Rider 400, je constate qu’elle est très haute. Le dessus du réservoir arrive au niveau de ma poitrine et sa selle culmine à 875 mm, en position basse. Le plus dur avec la F850 GS Adventure, est de réussir à l’enfourcher avec élégance et de garder l’air digne à l’arrêt, sur la pointe des pieds. Cependant, une fois en mouvement, tout devient facile, naturel et on ne veut plus en redescendre.

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Une fois la moto chargée, nous quittons notre hôtel du centre historique de Madrid et nous tirons plein sud, direction Getafe et Tolède, par l’autoroute. Sortir de la ville est une formalité, même si nous sommes dans une des plus grandes métropoles d’Europe. Nous empruntons ensuite les routes secondaires pour sillonner la Castille.

Il est tôt quand nous partons, à peine 9 h 30. La température est douce — elle va grimper à plus de 34 degrés en après-midi — et la circulation fluide. Des conditions parfaites pour rouler en couple, en harmonie. Au fur et à mesure que nous nous éloignons de la capitale, le décor change. Par moments, on se croirait dans un film de Pedro Almodovar ou de Luis Buñuel. Avec ces villages blancs perdus en pleine campagne, comme coupés du monde et du temps.

La GSA est haute sur pattes et je touche le sol de la pointe des pieds
La GSA est haute sur pattes et je touche le sol de la pointe des pieds

Je profite d’une pause-café pour réajuster les suspensions électroniques ESA Dynamic. En partant, j’avais opté pour le mode Dynamic et réglé la suspension pour un pilote avec passager et bagages. Mais la hauteur de selle s’avère trop élevée et la suspension arrière trop ferme. À l’arrêt, je suis sur la pointe des pieds et en déséquilibre permanent. Comme la moto est très lourde, chargée au maximum de sa capacité, c’est peu rassurant en ville ou au ralenti. À vitesse de croisière, la suspension est parfaite, mais je dois sacrifier un peu de cette efficacité pour retrouver plus de sérénité à basse vitesse et à l’arrêt. Je passe donc en mode Road et j’ajuste la suspension pour un pilote seul, sans bagages. Comme par miracle, la moto s’abaisse de quelques centimètres et je peux désormais poser les pieds à plat au sol. Les routes espagnoles étant en relativement bon état — comparativement à celles du Québec, on s’entend — le compromis est acceptable à un rythme élevé. La BMW pompe légèrement au passage de grosses compressions, mais dans l’ensemble elle reste très efficace et étonnamment stable. Et elle est plus confortable, surtout pour ma passagère qui retrouve soudainement son sourire.

L’Homme de la Mancha

Tolède
Tolède et son magnifique centre historique. Au pied de la colline, le Tage coule, imperturbable.

Nous venons de passer Tolède, superbe cité médiévale fortifiée, perchée sur une colline entourée par le Tage. La vieille ville de Tolède abrite de nombreux monuments historiques, dont l’Alcazar, la cathédrale primatiale Sainte-Marie et le Zocodover (le marché central). Ville d’arts et d’histoire, Tolède était autrefois réputée pour ses épées considérées comme les meilleures d’Europe. Ses fourbisseurs utilisaient des techniques importées de Perse par les musulmans. La ville est aujourd’hui encore un centre important de production de couteaux et autres objets en acier.

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À la sortie de la ville, le paysage que nous traversons est sublime. Il ressemble à une toile provençale de Van Gogh. Il se compose de motifs géométriques aux couleurs chatoyantes qui passent du jaune des champs de blé récemment moissonnés à l’ocre du sol desséché, du vert grisâtre des oliviers au brun foncé des troncs d’arbres. La route qui traverse ce tableau postimpressionniste décrit une longue ligne noire zigzaguant entre les couleurs qu’elle déchire, telle une balafre sur un visage. Le panorama écrasé par la chaleur du soleil castillan fait écho au bleu d’azur d’un ciel sans nuage. Ici, on ne redoute pas la pluie. Elle tombe en moyenne une journée par mois en été. Le souffle chaud du sirocco est plus à craindre.

Puis, à 135 km au sud de Madrid la route débouche sur le village de Consuegra, son château en ruines et ses moulins à vent chers à Don Quichotte. Quelque 70 km plus à l’est se situe El Toboso, le hameau de Dulcinée, sa fiancée imaginaire. Le décor est planté ! La réalité rejoint la fiction et devient Histoire.

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Sur la GS Adventure, j’ai l’impression de chevaucher dans les pas de l’audacieux Hidalgo à la poursuite de géants maléfiques. Nous roulons ensemble sur des routes superposées, séparées par quelques siècles, dans deux univers parallèles. Sans jamais nous rencontrer. La trace des roues de la BMW se mêle aux empreintes imperceptibles de sa monture. Nos ombres allongées se fondent en une forme unique aux contours flous. J’entends les grincements de son armure et les bruits sinistres produits par l’estomac vide de Sancho Panza. Je sens le souffle haletant de Rossinante. Je ressens la chaleur torride brassée par les ailes des moulins à vent. Mais je perçois aussi les rires moqueurs et les commentaires désobligeants des gens qu’il croise sur son chemin. Les idéalistes sont souvent moqués avant d’être compris.

La BMW F850 GS Adventure est une grande routière. Une authentique moto à voyager au sens propre comme figuré. Ce n’est pas une vulgaire machine tout terrain comme on essaie de nous le faire croire. Malgré ses airs de dévoreuse de déserts. Si elle n’était pas aussi haute de selle, la question de son identité ne se poserait même pas. Surtout chaussée des Michelin Anakee 3. Mais l’image de baroudeuse est vendeuse. Alors, va pour l’aventurière et poursuivons nos errances.

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Pourtant, après quelques heures en selle, je cesse de me battre contre les moulins à vent et je poursuis mon chemin vers le sud, sans demander mon reste. Même si Don Quichotte est mon idole depuis l’enfance, je n’ai ni sa douce folie ni son âme chevaleresque. Je n’ai pas l’étoffe de mon héros. Mon père était plus serviteur que Cervantes, plus prolétaire que pamphlétaire. Il m’a créé avec ses rêves et façonné avec ses mains d’ouvrier. Avec l’application de quelqu’un qui sait qu’il doit réussir à sa première tentative, car il n’a pas le luxe du temps ni les moyens de remettre son ouvrage sur le métier vingt fois. Parce qu’il faut aller trimer jour après jour pour assurer la pitance de la tribu.

Malaga, perle de l’Andalousie

Nous quittons La Mancha pour nous diriger plus au sud, vers Malaga où nous établirons notre camp de base en Andalousie pour les cinq prochains jours. En route, nous faisons halte à Grenade pour l’après-midi, afin de visiter l’Ahlambra, l’un des monuments les plus iconiques d’Espagne, avec la Grande moquée de Cordoue, vestige prestigieux de l’architecture hispano-mauresque. Perché sur le plateau de la Sabika, le palais domine la ville, majestueux. C’est là, après la Reconquista (la reconquête par les chrétiens des territoires de la péninsule ibérique et des îles Baléares occupés par les musulmans), que l’empereur Charles Quint fit ériger son palais d’été. Pour démontrer sa toute puissance.

L'Alhambra
L’Alhambra de Grenade

Au loin, nous apercevons les sommets de la Sierra Nevada à travers laquelle nous nous taillons un chemin jusqu’à Malaga. Sur ces routes sinueuses, la GS est imperturbable, grâce à la rigueur de son châssis. Malgré son poids, elle reste maniable, agile et danse d’un virage à l’autre avec précision. Impériale ! Elle est fidèle à son patronyme de Rallye et me régale sur les petites routes. Même si la suspension est réglée pour offrir une assise basse. Dans les virages serrés ou rapides, elle ne bouge pas d’un poil et offre un feeling rassurant. La partie cycle est vraiment géniale. Quelle rigueur ! Quelle précision ! Quelle efficacité !

Le moteur offre quant à lui une puissance linéaire et une courbe de couple lisse, dénuée de vibrations. Mais il démontre peu de caractère. Il est puissant — il développe quand même 95 chevaux —, mais pas très expressif. Ce qui convient parfaitement à ma femme, assise en arrière, qui apprécie sa douceur. Et le confort global de la GSA. Bien calée sur la selle fine, elle s’adosse occasionnellement sur le top case et en profite pour admirer le paysage qui est carrément grandiose. Quand la cadence augmente, elle peut se cramponner aux poignées de maintien idéalement placées. Néanmoins, depuis que j’ai ajusté la suspension, ses craintes ont disparu et elle est décontractée.

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Le taureau d’Osborme, est devenu l’emblème de l’Espagne. Il  est omniprésent dans le paysage. On en dénombre 91 dans tout le pays.

Devant, je suis aussi bien traité. La position de conduite « trail » est détendue et j’ai les jambes bien dépliées. Pas d’ankylose, pas de crampe. La selle est ferme, mais elle est relativement confortable. Ses arêtes ne sont pas trop prononcées et j’avale 300 km entre deux arrêts sans problème. Seul bémol, la bulle du carénage ! Bien qu’elle soit réglable en hauteur, elle est trop basse, même en position haute, pour offrir une protection digne de ce nom. Quant au freinage, il est progressif et prévisible à défaut d’être surpuissant. Il manque de mordant à l’attaque et de feeling. De plus, l’ABS est plutôt sensible et la fourche à grand débattement plonge un peu rapidement au freinage à mon goût. Sinon, R.A.S. !

Nous arrivons à Malaga en fin d’après-midi. Malgré la distance parcourue (plus de 600 km), nous sommes en forme et, une fois les bagages déchargés, nous nous lançons à la découverte de la ville, la sixième plus importante d’Espagne. Son port est l’un des plus actifs du pays. Il est utilisé comme port de plaisance, port de passagers, port marchand et port de pêche. Aujourd’hui, le quai situé à l’est du port, baptisé Muelle Uno, abrite des boutiques de luxe et de nombreux restaurants, dont certains gastronomiques que nous prendrons le temps de découvrir durant notre séjour. C’est, avec la rue Marqués de Larios — la Cinquième Avenue malaguène — l’un des pôles d’attraction touristique de la ville.

Baie de Malaga
La Baie de Malaga vue du Gibralfaro (le phare sur la colline)

Attablés à la terrasse du Lounge Bar Plaza, en bordure du quai, mon épouse et moi observons le paysage en sirotant une sangria bien fraîche et surtout bien méritée. Située au centre d’une baie entourée de chaînes de montagnes, à l’embouchure du fleuve Guadalmedina, Malaga, vaste agglomération toute blanche, est l’une des plus anciennes villes d’Europe. Elle a été fondée au VIIIe siècle par les Phéniciens et est dominée par le Château de Gibralfaro, ceint de murailles du XIVe siècle, qui surplombe le port. Plus bas, l’Alcazaba, le palais et la forteresse du XIe siècle, est relié au Gibralfaro par un chemin abrupt. Bien que les deux fortifications donnent l’impression de constituer un ensemble architectural, il s’agit de deux monuments distincts, d’époques différentes.

Baie de Malaga
La baie de Malaga au soleil couchant, prise depuis le Lounge Bar Plaza.

Au cours des dernières années, la capitale malaguène a connu un véritable essor et a cherché à renforcer son visage culturel. Ainsi, son offre muséale est impressionnante. Mentionnons le musée Picasso de Malaga, le musée de la maison natale de Picasso, le musée Carmen Thyssen, le musée Automobilistique de Malaga, le musée du verre et du cristal, le musée étatique Russe de Saint-Pétersbourg, le Centre Georges Pompidou, le musée des arts et coutumes populaires, le centre d’art contemporain ou encore, le musée du patrimoine municipal (MUPAM). On est loin de l’image de ville festive pour jeunes qui lui collait à la peau auparavant.

El Caminito del Rey
El Caminito del Rey

Si vous êtes plutôt amateur de sensations fortes, voire téméraire, je vous conseille el Caminito del Rey (le petit chemin du roi). Il s’agit d’une randonnée pédestre (via ferrata) aménagée le long d’une paroi escarpée du défilé des Gaitanes dans le parc naturel de Los Ardales, au nord de Malaga. Situé à flanc de falaise, dans le canyon El Chorro, où coule la rivière Guadalhorce, ce chemin a été construit entre 1901 et 1905, pour les besoins de la construction de deux barrages hydroélectriques. Le parcours linéaire mesure 7,7 km de long pour un mètre de large. Il est creusé dans la roche, ou constitué de plaques de béton armé, soutenues par des rails et fixées à flanc de falaise. Il surplombe la rivière d’une bonne centaine de mètres par endroits. Il était autrefois considéré comme le chemin le plus dangereux au monde (plusieurs personnes y ont trouvé la mort), avant sa rénovation au milieu des années 2000. Il faut 3 à 4 heures pour le compléter.

L’un des gros atouts de Malaga est sa proximité avec la mer — elle possède d’ailleurs plusieurs plages très appréciées des touristes, dont la plus connue est Malagueta —, mais aussi sa situation centrale en Andalousie. Vers l’ouest, Malaga se trouve à 60 km de Marbella, 100 km de Ronda, 135 km de Gibraltar, 210 km de Séville, 230 km de Jerez de la Frontera et de Cadix et 400 km de Faro, au Portugal. À l’est, elle est située à 130 km de Grenade. Quant à Cordoue, elle se trouve à 165 km au nord. Toutes ces destinations sont accessibles dans un délai d’une à quatre heures, ce qui fait de Malaga un point de départ idéal pour découvrir la région. Ce que nous avons mis à profit pendant notre séjour dans l’extrême sud de l’Espagne.

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Ronda et ses environs

Pour ma femme et moi, ce voyage en Andalousie est aussi un retour aux sources. En effet, nous nous sommes rencontrés il y a 41 ans, à Algésiras, une ville située à une dizaine de kilomètres à vol d’oiseau à l’ouest de Gibraltar et de son célèbre rocher. C’est là que nous avons pris le ferry pour l’enclave espagnole de Ceuta, au Maroc et que nous avons sympathisé. Nous avons ensuite passé un mois ensemble au Maroc et nous sommes rentrés en France, en autostop, traversant l’Espagne et la France du sud au nord. Depuis, nous ne nous sommes plus quittés. Il y a des voyages comme ça qui vous marquent pour la vie.

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Le rocher de Gibraltar, vue de la plage

Cordoue la magnifique

Après cinq jours à Malaga, il est temps de remonter vers Madrid. Il nous reste trois jours pour aller déposer la GSA et nous décidons d’en passer deux à Cordoue. Nous quittons Malaga après le petit-déjeuner et nous prenons les routes secondaires pour parcourir les 165 km qui nous séparent de notre destination. Depuis notre arrivée en Espagne, il fait un temps magnifique. C’est soleil et ciel bleu tous les jours. Pas un nuage. Pas une goutte de pluie. Des températures oscillant entre 30 et 40 degrés le jour, mais sans humidité. Avec une légère brise qui nous rafraîchit les idées, particulièrement le soir, à la tombée de la nuit. Et, cette journée ne fait pas exception à la règle. Nous prenons notre temps et nous nous délectons des paysages et des parfums. En traversant les immenses oliveraies de la région, nos narines sont caressées par l’odeur prégnante des oliviers. Comme si nous avions le nez directement au-dessus d’un pot d’olives ouvert. Ces arômes sont amplifiés par la chaleur et par le vent léger qui souffle en cette matinée idyllique. Le panorama qui s’offre à nous dans cette région vallonnée est tout simplement sublime.

Pont romain et mosquée
Pont romain et grande mosquée de Cordoue

En arrivant à Cordoue, nous devons nous mettre en quête d’un stationnement public. En effet, notre hôtel est localisé à l’intérieur des remparts de la vieille ville où la circulation et le stationnement sont interdits (sauf pour les gens qui y habitent, selon un horaire strict). Nous en trouvons un près d’une des portes d’entrée. Il est construit dans la muraille et est hyper sécurisé. Cher aussi. Si vous voyagez en Espagne, sachez que le stationnement est rare et n’est généralement pas inclus dans le tarif de l’hôtel. Et il faut compter de 10 à 15 € par jour, ce qui fait grimper le coût de l’hébergement (40 € dans le cas de l’hôtel que nous avons réservé). Dans le cas présent, le parking représente 37,5 % du coût de l’hébergement. C’est énorme !

Cordoue, l’une des villes les plus peuplées d’Andalousie avec Séville et Malaga, possède un patrimoine architectural et culturel très riche. Capitale du Califat de Cordoue gouverné par la dynastie des Omeyyades, elle est la métropole de l’Andalousie entre le 8e et le 15e siècle. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1994, le centre historique de Cordoue compte des monuments majestueux, parmi lesquels le pont romain, la mosquée-cathédrale (Mezquita), les bains califaux, le quartier juif médiéval (Judería) et l’Alcázar des rois chrétiens. Pour tout amateur d’histoire et d’architecture, c’est un joyau inestimable. Et pour les photographes, comme moi, c’est un site magique.

Grande mosquée
Intérieur de la grande mosquée de Cordoue

Comme Séville et Grenade, Cordoue témoigne de la coexistence pacifique des trois religions monothéistes en Andalousie, pendant une partie importante de son histoire, laquelle laisse des traces dans son architecture, mais aussi dans sa culture et dans sa gastronomie. En Andalousie, la bouffe est géniale. Goûteuse, raffinée, variée et délicieuse. Et pas chère !

C’est la fin des vacances !

Cependant, au bout de deux jours, nous avons fait le tour des curiosités de la ville et nous devons absolument retourner à Madrid. Le troisième jour de notre escapade cordouane, nous partons de bonne heure pour arriver à destination avant 15 h, heure de fermeture estivale des bureaux. Nous décidons d’opter pour l’autoroute afin d’avaler les 400 km qui nous séparent de Madrid le plus rapidement possible. Comme nous avons découvert les magnifiques paysages de la région à l’aller, nous nous concentrons sur notre moyenne horaire et sur notre consommation d’essence.

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En Espagne, la majorité des autoroutes sont gratuites, bien entretenues et la circulation y est plutôt fluide. La vitesse autorisée est de 120 km/h et les radars sont assez rares. On y trouve des aires de service environ tous les 30 km. Grâce au gros réservoir de 25 litres de la GSA et à sa consommation raisonnable de 6,1 L/100 km, la GSA affiche une autonomie moyenne de 380 km.

Dans cet environnement, la BMW F850 GS Adventure est impériale. On a l’impression d’être sur un tapis volant. Grâce aux Michelin Anakee 3 et à la suspension ESA Dynamic, le confort de roulement est imbattable. Régulateur de vitesse enclenché, nous avalons les 400 km en moins de quatre heures, prenant le temps d’un arrêt carburant à la sortie de Cordoue et d’une pause-café à mi-chemin, plus pour nous dégourdir les fesses que pour nous restaurer. Puis nous faisons un dernier plein en arrivant à Madrid pour rendre la moto dans l’état où nous l’avons prise.

La protection offerte par le pare-brise bas est moyenne, mais on ressent peu de turbulences à haute vitesse. Le niveau sonore est élevé — heureusement, je porte des bouchons —, mais le flot d’air qui parvient à mes épaules et à mon casque ne tourbillonne pas trop. Même chose en arrière.

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Bien que la moto soit équipée de valises et d’un top case, qu’elle soit lourdement chargée et que nous roulions à vive allure, elle ne louvoie pas et reste très stable en toute circonstance. Impressionnant pour une moto de cette catégorie. Ce comportement est-il attribuable à la qualité remarquable de la partie cycle ou à la monte pneumatique ? Ou bien au deux ? Toujours est-il que nous arrivons à destination à 14 h. Frais et dispos. Nous prenons un taxi pour rejoindre notre hôtel et nous passons la soirée dans le vieux Madrid avant de reprendre l’avion le lendemain.

Une superbe expérience

Mon épouse et moi adorons l’Espagne, mais, avant ce périple, nous connaissions surtout la Costa Brava, au sud de Perpignan, la Catalogne et Barcelone, ville que nous adorons entre toutes. En 1978, lors de notre rencontre, nous avions remonté l’Espagne par la côte méditerranéenne, d’Algésiras à Le Perthus, où se trouvait à l’époque la douane française. Nous n’avions pas pris le temps de sillonner l’Andalousie ni de visiter Madrid. Mais, cette fois-ci, nous nous en sommes donné à cœur joie. Il s’agit de deux endroits magnifiques offrant des paysages grandioses, des vestiges historiques incroyables, des musées superbes. Sans oublier une gastronomie raffinée. Ce sont des terres d’art, de culture et d’histoire parmi les plus riches d’Europe. Et que dire des routes qui sont tout simplement magiques. Pour un motocycliste passionné qui adore la conduite sportive, c’est un paradis. Et, ce qui ne gâte rien, l’Espagne est l’une des destinations les plus abordables d’Europe.

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Pour ce qui est de la BMW F850 GS Adventure, elle reprend toutes les qualités de la F850 GS de base, que j’ai découvert au Colorado, en novembre dernier. Elle y ajoute un niveau de sophistication élevé et une foule d’options pratiques en plus d’offrir un ensemble de bagages en alu très efficace et logeable. Sans oublier la mystique que lui procure sa parure d’aventurière dévoreuse de déserts.

Le seul vrai reproche que je lui adresserais est d’avoir une selle trop haute pour rien et un pare-brise ne protégeant pas suffisamment. Pour le reste, c’est du pinaillage. Personnellement, elle s’est avérée une excellente compagne de voyage que même ma femme a adorée. Bien que je persiste à affirmer que la GSA est une grande routière, j’acquiesce sans broncher à ceux qui me disent que c’est là une bien belle aventurière. Les vacances m’ont rendu zen !

FICHE TECHNIQUE F 850 GS Adventure

INFORMATIONS GÉNÉRALES

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  • Poids tous pleins faits : 244 kg
  • Hauteur de selle : 875 à 890 mm
  • Capacité essence : 23 L
  • Consommation : 6,1 L/100 km
  • Autonomie : 380 km
  • Durée de l’essai : 1580 km
  • Prix : 16 200 $ (de base)
  • Coloris : gris glacé — bleu/blanc/rouge (Rallye) — gris granite métallisé (Exclusive)

MOTEUR

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  • Moteur : bicylindre en ligne quatre temps refroidi par eau, quatre soupapes par cylindre, double arbre à cames en tête, lubrification à carter sec à recirculation
  • Puissance : 90 ch à 8 250 tr/min
  • Couple : 63 lb-pi à 6 250 tr/min
  • Cylindrée : 853 cc
  • Alésage x course : 84 x 77 mm
  • Rapport volumétrique : 12,7:1
  • Alimentation : injection électronique
  • Transmission : six rapports
  • Entraînement : par chaîne

PARTIE-CYCLE

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  • Suspension : fourche inversée ø 43 mm à réglage électronique. Monobras oscillant en aluminium forgé avec Paralever BMW Motorrad. Réglable en précontrainte du ressort, en détente et en compression.
  • Débattement : 230 mm (AV) — 215 mm (AR)
  • Empattement : 1 593 mm
  • Chasse/Déport : 28 degrés/124,6 mm
  • Freins : 1 double disque de 305 mm et étrier double piston ; simple disque de 265 mm avec étrier simple piston. ABS BMW Motorrad (désactivable)
  • Jantes à rayons croisés Tubeless
  • Pneus : Michelin Anakee 3
    90/90 R 21 à l’avant ;
    150/70 R 17 à l’arrière.

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VERDICT RAPIDE

ON AIME BIEN

  • La neutralité et l’efficacité de la partie cycle
  • Le confort général (sur route)
  • L’efficacité globale
  • La position de conduite
  • L’équipement superlatif (de la version Rallye toute équipée)

ON AIME MOINS

  • La sonorité décevante de l’échappement
  • La linéarité du bicylindre parallèle
  • Le pare-brise ne protégeant pas suffisamment
  • La hauteur d’assise très élevée (trop élevée)

GALERIE

BMW F850 GS Adventure

Madrid

Tolède

Consuegra et El Toboso

L’Alhambra de Grenade

Malaga

Cordoue

Ronda

Gibraltar

Séville

Vincent Van Gohg
Tableau provençal de Vincent Van Gogh

Une réponse à “Vagabondages ibériques”

  1. denis vayer

    Bravo pour la plaque minéralogique KTM ah ah !!

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