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Les chiffres sont parfois trompeurs...

RT5

Dimanche 12 août 2007

…comme les statistiques d’ailleurs, dans la mesure où elles n’offrent souvent qu’une photo instantanée de la situation qu’elles essaient de documenter. C’est le cas, par exemple, des données sur le kilométrage annuel moyen parcouru par les motocyclistes.

Selon les chiffres les plus récents, les motocyclistes québécois totalisent, en moyenne, 5 700 km par an. C’est peu et beaucoup à la fois. Peu, car quand on répartit cette moyenne sur la saison (26 semaines), ça représente moins de 200 km par semaine. Il suffit d’une petite sortie dominicale pour parcourir deux à trois fois cette distance. C’est peu aussi, quand on considère que de nombreux motocyclistes engrangent entre 35 000 et 50 000 kilomètres par an. Pour maintenir la moyenne, pour chacun de ces gros rouleurs, il y a six à neuf motocyclistes qui ne roulent pas du tout. On voit tout de suite la disparité de comportements qui existe entre les différents types de motocyclistes.

Si nous comparons ces données avec celles d’autres pays, la France, par exemple, c’est beaucoup. En effet, nos cousins affichent une moyenne légèrement supérieure à 7 000 kilomètres par an. Sauf que dans leur cas, ils roulent 12 mois par année, ce qui leur donne une moyenne hebdomadaire d’environ 135 km, soit 32,5% de moins que nous. La grosse différence, c’est que la plupart du kilométrage parcouru par les motocyclistes québécois l’est à des fins récréatives, alors que les Français utilisent principalement la moto pour leurs déplacements quotidiens. Particulièrement dans les grandes agglomérations où les deux-roues motorisés constituent une réelle alternative à l’automobile. L’autre différence notable, c’est que les cyclomoteurs, scooters et autres motos de petites cylindrées sont également pris en compte dans les statistiques. Ça change tout. En effet, si on élimine ces petits véhicules à vocation utilitaire, pour ne garder que les motos de 400 cm3 et plus, le kilométrage hebdomadaire moyen des motards d’Outre-Atlantique augmente et se situe à peu près au niveau du nôtre.

Les Nord-américains ont la réputation d’être de gros voyageurs, spécialement en auto. Et cette réputation est appuyée par les chiffres. Nous parcourons en moyenne deux à trois fois plus de kilomètres que les automobilistes français. Même si l’on prend en compte les particularités climatiques et géographiques des deux pays, ces chiffres démontrent une différence marquée d’habitudes que l’on ne retrouve pas au niveau de la moto. D’un côté ou l’autre de l’Atlantique, il semblerait que lorsque vient le temps de voyager, nous privilégions l’automobile. C’est un constat qui me désole, mais c’est la réalité. Personnellement, je ne comprends pas que l’on puisse déclarer aimer la moto et décider de voyager en char. Il y a là une certaine forme d’illogisme difficile à expliquer. À moins que la réponse se trouve dans la chronique qui suit: La moto c’est l’aventure! Qu’en pensez-vous?