« Kawasaki W800 Street

ou comment se hâter tranquillement !

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Photos © Didier Constant

Le secret, à moto comme en danse, c’est de se laisser mener par la musique et de suivre le tempo. Il y a des moments intenses, lancinants et d’autres lascifs, langoureux, voluptueux. Des moments où l’on s’abandonne complètement. De la même façon, la conduite de la Kawasaki peut à la fois être enroulée et endiablée. Tout dépend de l’état de la route, de la température, de votre humeur du moment. Quand la situation l’exige, il faut alors accepter de redécouvrir notre environnement au ralenti. Prendre la route des écoliers. Quitter les grandes voies rapides pour emprunter les routes secondaires en respirant à plein poumon. En écoutant la campagne vivre au rythme des saisons. En calant nos battements cardiaques sur les pulsations du moteur et sur ses vibrations harmoniques. Vivre à l’unisson avec notre monture.

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La W800 est anachronique, certes, mais pas dénuée de charmes. Pour apprécier l’expérience, il faut décomposer les mouvements et oublier les habitudes prises en 30 ans de modernisation et de sophistication à outrance. Débrancher l’électronique pour reconnecter notre cerveau et libérer notre poignet droit. Se rappeler que l’important dans un voyage, ce n’est pas la destination, mais la route. Les détours que l’on prend, les gens que l’on rencontre, les péripéties que l’on vit. Jamais la moyenne horaire que l’on maintient. Si on est pressé, la moto n’est pas le bon moyen de locomotion. Autant prendre la voiture, le train ou encore l’avion. C’est le meilleure moyen d’arriver vite.

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De mai à août, j’ai accumulé 3 056 kilomètres avec la petite Kawasaki, dont une ou deux longues sorties de plus de 700 bornes en une journée. Et à aucun moment, je ne me suis senti pressé ou stressé. Ou en déficit de puissance, malgré les modestes 48 chevaux du bicylindre vertical dont les racines sont solidement ancrées dans le sol fertile de la blanche Albion. Pour apprécier l’expérience, il faut se replonger dans les années 60. Changer de mode vestimentaire, d’univers musical, d’environnement social. Revenir à des valeurs considérées désuètes aujourd’hui.

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C’est ce que j’ai fait durant trois mois, pour mon plus grand bien. Et j’ai apprécié chaque instant de mon voyage dans le temps. En maximisant les émotions que je ressentais. Changer de rythme a du bon parfois. Surtout quand on a le bon véhicule pour ça. Si vous avez l’humeur vagabonde et  le temps de profiter de la vie, considérez alors la Kawasaki W800 Street. Qui va lentement va sûrement… et longtemps.

Galerie

STATISTIQUES

  • Kilométrage total : 3 056 km
  • Consommation moyenne : 4,65 L/100 km
  • Autonomie : 322 km
  • Pneus : Dunlop K300 GP

4 résponses à “Éloge de la lenteur”

  1. Alexandre Amortila

    Bonjour Didier,

    Cette moto m’intrigue ! Son vilebrequin est-il calé à 360° pour privilégier la régularité cyclique ? ou bien est-il calé à 270° pour simplifier l’équilibrage ?

    Merci pour tout, et joyeux Noël,

    Alexandre Amortila

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    • Didier Constant

      Bonjour Alexandre,
      Le moteur de la W800 est calé à 360°.
      Joyeux Noël à toi et à ta famille !
      Amicalement,
      Didier

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      • François

        C’est un bi calé à 360°mais un seul allumage sur 2 par tour ce qui donne cette douceur particulière à bas régime.

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  2. Alexandre Amortila

    Super ! J’imagine qu’elle a la souplesse d’un flat-twin

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