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ESSAI SUZUKI SFV650 2009
15 mai 2009

À la redécouverte des plaisirs simples
Sexy, fun et diablement efficace, la SFV650 est la digne héritière de la SV650. Elle est à la fois joueuse et fonctionnelle, facile à maitriser et performante, ce qui ne l'empêche pas de se montrer polyvalente. L'archétype de la moto à tout faire qui satisfaira autant les néophytes que les pilotes expérimentés....

Texte : Didier Constant - Photos: Didier Constant et Denis Vayer

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Lors de la présentation de la SFV650 (Gladius en Europe et aux États-Unis), Suzuki a tenu a préciser qu'il s'agissait d'une moto à vocation urbaine destinée à une clientèle néophyte, jeune et féminine. Les photos accompagnant le dossier de presse sont éloquentes à ce sujet. Pourtant, il serait présomptueux de réduire la SFV à un rôle de moto d'initiation. Ce que nous avons découvert à l'occasion de ce test.

Plus qu'une moto de débutant
Basée sur la SV650, la SFV650 est une interprétation contemporaine et latine du roadster de moyenne cylindrée. Ses lignes arrondies, sensuelles, qui ne sont pas sans rappeler celles de la Ducati Monster 696, lui procurent une silhouette élégante et ramassée. En personne, la Suzuki a l'air petite, pas impressionnante pour un rond, et met immédiatement en confiance. Un pilote de petite ou de moyenne taille se sent rapidement à l'aise à son bord. Les grands gabarits, en revanche, ont le sentiment d'être à l'étroit. À ce sujet, il est bon de savoir qu'une selle plus haute de 20 mm est proposée en option pour ces derniers. En ce qui a trait au confort, la selle est ample et suffisamment rembourée pour envisager des sorties de plusieurs centaines de kilomètres. Elle culmine à 785 mm, ce qui est une bonne nouvelle. Les pilotes de taille moyenne et les débutants apprécieront. Le passager est bien loti et bénéficie de poignées de maintien latéral qui offrent une excellente préhension.

La position de conduite est neutre, dos droit, bras légèrement fléchis, jambes raisonnablement repliées. Les deux pieds bien à plat au sol à l'arrêt. Qui plus est, la SFV est très facile à prendre en mains. Elle est maniable, agile, grâce en partie à son guidon tubulaire relevé qui offre un bon effet de levier, et possède un rayon de braquage réduit. Faire demi-tour est un jeu d'enfant. Malgré une légère prise de poids (environ 7 kg de plus que la SV650N), la Gladius reste relativement svelte (202 kg tous pleins faits) et se pilote avec aisance, quel que soit le niveau d'expérience du pilote. La direction est vive, mais pas nerveuse et le train avant est bien planté. En un mot, le roadster d'Hamamatsu a tout pour rassurer.

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Avec son bicylindre en V à 90° d'une cylindrée de 645 cc qui affiche un rapport volumétrique de 11,5 à 1, la SFV650 distille des performances aux moins égales à celles de sa devancière. Le twin a été retravaillé pour offrir un couple accru et une plus grande souplesse. Nouvelle injection (les injecteurs ont été empruntés à la GSX-R), arbre à cames adoucis, pot catalytique, allumage double, quatre bougies, Suzuki n'a pas lésiné sur les moyens pour parfaire sa moyenne cylindrée basique. Le réservoir à essence ne contient que 14,5 litres, mais Suzuki affirme que le travail réalisé sur l'injection et la gestion de la combustion SDTV (Suzuki Dual Throttle Valve) devrait lui conférer une aussi bonne autonomie qu'auparavant. Ce que nous avons pu vérifier à l'usage. Bien qu'elle soit en rodage, la SFV650 affiche une consommation moyenne de 4,7 L/100 km, ce qui lui procure une autonomie importante de plus de 300 km. Pas mal.

Le sympathique V2 de la SFV650 est logé dans un cadre treillis en acier peint dans une couleur contrastant avec celle de l'accastillage. La suspension est assurée par une fourche conventionnelle à tubes plongeurs de 41 mm de diamètre ajustable en précharge et un mono-amortisseur de type progressif à biellettes réglable sur 7 crans en précharge. L'empattement s'établit à 1 445 mm (pour une bonne stabilité directionnelle) et la géométrie de direction est sportive (chasse de 25 ° et déport de 106 mm). Le freinage est confié à deux disques de 290 mm et des étriers deux pistons à l'avant. Derrière, on retrouve un simple disque avec étrier à simple piston. La SFV dispose d'un bras oscillant de section arrondie (en acier) plutôt réussi et de jantes à 5 branches chaussées de pneus radiaux Dunlop Qualifier.

Offerte en blanc/bleu et rouge/blanc au Canada, la Suzuki affiche une plastique originale. Le cadre peint dans la même teinte que la partie centrale du réservoir met la ligne en valeur. Dans l'ensemble, la finition est de bon niveau, bien que certaines pièces eussent mérité une attention plus soutenue. Mais, c'est souvent le cas sur les moyennes cylindrées basiques, économie oblige.

L'éloge de la facilité et du plaisir
À peine s’est-on installé au guidon de la Gladius qu'on est sous le charme. Les commandes tombent immédiatement sous la main sans qu'on ait à chercher où elles sont situées. En fait, la moto dégage une impression de familiarité immédiate et il suffit d'une quinzaine de kilomètres à son guidon pour se sentir en terrain de connaissance.

Le twin s'ébroue sans hésitation, d'une simple pression sur le démarreur. Il émet une sonorité riche très agréable à l'oreille, dont la mélodie devient enivrante au fur et à mesure qu'il prend ses tours. On remarque aussi que les vibrations sont quasiment inexistantes, ce qui est étonnant sur un V2. L'embrayage est souple et progressif, très facile à moduler, et la boîte de vitesse à 6 rapports est douce et précise, dans la plus pure tradition Suzuki. De plus, le rapport engagé s'inscrit au tableau de bord, ce que les pilotes moins expérimentés apprécieront certainement.

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D'emblée, on est surpris par le couple important du bicylindre nippon. Et par sa douceur de roulement. Ajoutez à cela une maniabilité de vélo et un rayon de braquage réduit et vous obtenez une machine idéale en ville. Malgré sa cylindrée modeste, le V2 fait preuve de bonne volonté. Grâce à sa faible inertie, il prend rapidement ses tours, sans hésiter, ni peiner. Les accélérations sont franches à défaut d'être fulgurantes et les reprises sont excellentes. Souvent, il suffit d'ouvrir les gaz pour dépasser. On a rarement besoin de descendre un rapport pour ça. Ou alors dans de rares exceptions. Le moteur reprend sur un filet de gaz dès 2 500 tr/min sur les rapports intermédiaires, dans une poussée convaincante. Jusqu'à 6 000 tr/min, le couple important permet de s'extraire de la circulation urbaine sans embûches et de rouler cool. En sixième, à ce régime, on croise à 130 km/h, ce qui est déjà trop rapide, même sur autoroute, au Québec en tout cas. De 6 000 à 9 000 tr/min, le V-Twin exprime toute sa fougue. La poussée s'intensifie et il devient carrément jouissif. On a peine à croire qu'il développe seulement 72 chevaux. Par contre, il est inutile de pousser les régimes au-delà de 9 000 tr/min, car la puissance stagne passé ce cap. Si vous n'êtes pas sur le dernier rapport, montez alors une vitesse et restez dans la partie grasse de la bande de puissance. Plaisir garanti! La vitesse maxi se situe aux alentours de 210 km/h ce qui est loin d'être ridicule. Et tout à fait suffisant en l'occurrence.

Agréable et efficace en ville, la SFV650 se révèle également sur les routes secondaires sinueuses, en partie à cause de son moteur, mais surtout de sa partie cycle homogène et efficace. La direction est vive, mais précise, le train avant est incisif et le cadre qui est doté d'une bonne rigidité se montre à la hauteur de la tâche qui lui est confiée. Intègre dans les virages serrés et les épingles il démontre une stabilité étonnante dans les grandes courbes rapides. La tenue de cap de la SFV est irréprochable, quelle que soit la vitesse à laquelle on évolue. Elle s'inscrit en virage d'une simple poussée sur le guidon et se redresse de la même façon. Avec aisance et rigueur. Progressivement. Quant aux suspensions ajustables en précharge, à l'avant comme à l'arrière, elles offrent un bon compromis entre rigueur et confort. Et se montre efficientes même en duo. La façon dont la petite Suzuki se pilote — du regard et du bout des doigts — inspire confiance. Elle se révèle joueuse, souvent; délinquante, parfois; agréable, tout le temps. Ce qui ne l'empêche pas de briller par sa rigueur et son efficacité. Un vrai charme!

Le freinage est peut-être le seul point faible de la Gladius, bien qu'il faille tempérer nos commentaires à ce chapitre. Faisant appel à des composants classiques et éprouvés, le système de freinage est un peu en retrait, surtout quand on descend d'une sportive. Le double disque avant pincé par des étriers à deux pistons manque de mordant, spécialement dans la phase d'attaque, et de puissance. Par contre, quand on maintient la pression sur le levier en fin de course, on parvient à ralentir la bête en toute sécurité. Surtout si on freine simultanément de l'arrière. Attention cependant à ne pas peser trop fort sur la pédale au risque de dessiner de superbes virgules noires sur l'asphalte... et de se retrouver au tas, par la même occasion. Je suis convaincu qu'il suffirait de remplacer les plaquettes par des modèles de rechange performants pour réduire cet inconvénient. À voir.

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Les pneus d'origine se montrent adéquats et neutres. Même s'ils ont été critiqués à leur sortie, les Dunlop Qualifier s'avèrent à la hauteur sur la Suzuki. Ils offrent une adhérance raisonnable, n'alourdissent pas la direction et procurent un bonne lecture de la route. Ils inspirent confiance et contribuent à l'agilité du roadster d'Hamamatsu. À ce chapitre, il sera intéressant de voir comment la Gladius se comportera avec différentes montes pneumatiques.

Enfin, le confort et la protection sont dans la norme roadster. Ils s'accordent parfaitement à la vocation de la Gladius et ne nuisent nullement au plaisir qu'on éprouve à son guidon. La Suzuki est une moto polyvalente, simple, capable de vous conduire à l'autre bout de la province, facilement et confortablement, tout en se montrant agile en ville et joueuse sur les routes secondaires.

Une moto simple, mais néanmoins surprenante
Après cet essai printanier, nous sommes restés sous le charme de la Gladius. Il faut dire qu'elle est bien née — normal, étant donné son héritage génétique — et fait preuve d'une grande polyvalence en plus d'afficher un facteur fun indéniable. Car, et c'est ce qui est le plus important, on ne s'ennuie jamais aux commandes de la SFV. Ce n'est pas un foudre de guerre, mais ses performances sont plus que satisfaisantes dans les circonstances et permettent de redécouvrir des plaisirs démodés. Comme rouler sans but précis, ni itinéraire détaillé, enrouler du câble sur le couple, musarder seul ou en groupe, en ville ou en campagne ou encore partir pour le week-end avec peu de bagages (attention à ce sujet, le réservoir en acier/plastique ne permet pas d'installer une sacoche magnétique) et en bonne compagnie. Et si l'envie d'attaquer vous prenait, à l'approche d'une section de route sinueuse, libre à vous de céder à vos pulsions. Sans rivaliser avec une GSX-R, la SFV vous permettra de vous régaler sans craindre pour votre sécurité. Accessible, plaisante à piloter, la petite basique de Suzuki milite pour un retour à la simplicité et à l'efficacité. En ces temps de récession économique, c'est apprécié. D'autant qu'elle est proposée au prix raisonnable de 8 899,00 $. Compte tenu de ses prestations, nul doute qu'elle saura séduire une large clientèle et se mesurera avantageusement à la ER-6n ou à la FZ6R. Un comparo s'impose!

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FICHE TECHNIQUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES
  • Poids tous pleins faits: 202 kg
  • Hauteur de selle : 785 mm
  • Capacité essence : 14,5 L
  • Consommation : 5,19 L/100 km
  • Autonomie : 279 km
  • Prix : 8899$

MOTEUR

  • Moteur : Bicylindre en V à 90 degrés, quatre temps, DACT, refroidi au liquide, 4 soupapes par cylindre
  • Puissance : 72 ch à 8 400 tr/min
  • Couple : 46,3 lb-pi à 6 400 tr/min
  • Cylindrée : 645 cc
  • Alésage x course : 81 x 62,6 mm
  • Rapport volumétrique: 11,5:1
  • Alimentation : injection électronique
  • Transmission : six rapports
  • Entraînement : par chaîne

PARTIE-CYCLE

  • Suspension : fourche téléhydraulique de 41 mm réglable en précharge; mono-amortisseur réglable en précharge
  • Empattement : 1 445 mm
  • Chasse/Déport : 25 degrés/106 mm
  • Freins : 2 disques de 290 mm et étriers deux pistons à l’avant; simple disque de 240 mm avec étrier un piston à l’arrière.
  • Pneus : Dunlop Qualifier
    120/70-17 à l’avant;
    160/60-17 à l’arrière.

 

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VERDICT RAPIDE
ON AIME BIEN
  • Le look sensuel aux lignes arrondies et fluides
  • L'efficacité de la partie-cycle.
  • Le moteur disponible et amusant. Facile à exploiter.
  • La sonorité riche du V-twin.
  • La selle basse et la facilité de prise en mains.

ON AIME MOINS

  • Le manque de mordant du frein avant.

 

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L'esthétique de la SFV650 est particulièrement réussie. Ses lignes sont harmonieuses et seyantes.
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Le double disque avant pincé par des étriers à deux pistons manque de mordant et de puissance, spécialement dans la phase d'attaque.
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La selle basse permet au pilote de bien poser les pieds au sol à l'arrêt. Elle est large et confortable et permet d'entreprendre de longs périples sans crainte.
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Ugo

Le point de vue des essayeurs
J’ai trouvé! Le terme SFV doit être l’acronyme de «Super Fun Vehicule». Car la Gladius est plaisante à souhait; à son guidon, on s’amuse sans avoir peur de s’envoyer en orbite. Le moteur est rempli à tous les régimes et certains regretteront un manque de punch à haut régime, mais son caractère est attachant. Ne serait-ce qu’en matière de sonorité. La mécanique émet un bourdonnement très mélodieux qui donne l'impression qu'on pilote une moto de cylindrée supérieure. Pas vibreux pour un sou en prime. Le frein-moteur dans les rapports inférieurs pourrait étonner les débutants non avertis tellement il est important (caractéristique des bicylindres en V). La SFV est une moto assez compacte et un motocycliste de grande taille se sentira à l'étroit. Ce facteur est tout à fait tolérable en ville, par contre, lors des randonnées prolongées, les grands «jacks» ressentiront des crampes au niveau des jambes. La position de conduite est très bonne et les deux pieds touchent facilement le sol à l’arrêt. Malheureusement, pour en arriver à ce résultat Suzuki a réduit l’épaisseur de la selle, laquelle n’est pas mauvaise, mais manque de moelleux quand le kilométrage s’accumule (mon patron me dit qu'une selle plus épaisse de 20 mm est offerte en option. À essayer). La Gladius se manie comme un charme et se faufile partout; restez néanmoins vigilant parce que le freinage est ordinaire. Enfin, que dire de l’allure? Quel beau coup de crayon! Fluide, sensuel, moderne, j’adore. On est loin du design agressif des dernières sportives, mais c'est très réussi dans le genre. Les experts trouveront la puissance un peu juste, mais je persiste à dire que la SFV650 est un gros jouet avec lequel on se fait plaisir sans se poser de questions. J’en veux une pour ma blonde… histoire de lui emprunter.

Ugo Levac

   

 

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