« Éditos

Le temps de l'innocence est révolu!

NOTE AUX LECTEURS

Avant d’aller plus loin, je tiens à préciser que je voue une admiration sans bornes à tous les pilotes qui prennent part au Championnat du monde MotoGP (et aux autres championnats du reste) et plus particulièrement aux quatre mousquetaires que sont Rossi, Lorenzo, Marquez et Pedrosa. En plus du talent, il faut faire preuve d’une abnégation et d’un courage extraordinaires pour mettre semaine après semaine sa vie en jeu sur les plus beaux circuits du monde. Pour assurer un spectacle qui nous régale et nous fait rêver. Mais, malheureusement, pour être un grand pilote, le talent ne suffit pas. Il faut démontrer des qualités humaines qui font défaut à certains et un charisme qui transporte les foules. Mes commentaires, dans ce billet, concernent cet aspect du problème. Jamais il ne me viendrait à l’esprit de critiquer le pilotage ni la passion qui anime ces gladiateurs des temps modernes. Ce sont TOUS d’immenses pilotes!


« On n’est jamais déçu qu’à la hauteur de ses attentes, » prétend l’adage et aujourd’hui je suis consterné. Le déroulement des trois derniers Grands Prix a mis un terme brutal à une saison magique, une des plus intenses depuis des années, mais surtout aux quelques illusions que j’entretenais encore vis-à-vis de notre sport. La politique s’est immiscée une fois de trop dans le déroulement du championnat, jusqu’à modifier l’issue du duel Rossi/Lorenzo. Une lutte fratricide digne des meilleures tragédies grecques dont nous attendions tous le dénouement. Mais, ce qui est le plus grave, c’est qu’on a cautionné l’antijeu en ne prenant pas dès le début de mesures pour y mettre un terme avant que la situation dégénère.

Je suis les Grands Prix depuis 1968. Cette année-là, le légendaire Giacomo Agostini, sur sa MV Agusta, avait remporté les titres 500 et 350, Phil Read, son ennemi juré, les titres 250 et 125 sur Yamaha alors que Hans-George Anscheidt s’adjugeait le titre 50 sur une Suzuki à moteur bicylindre deux-temps, de 50 cc, à distributeurs rotatifs et refroidissement liquide, dotée d’une boîte à 14 rapports.

En faisant cette confession, je sais que je vais trahir mon âge, mais ça me permet d’apporter un éclairage pertinent sur l’état de ma passion pour les Grands Prix.

En 1968, on ne parlait pas de MotoGP, mais de Championnat du monde de vitesse moto de la FIM, ou du Continental Circus. En dehors de la qualité du spectacle qui nous était présenté, j’ai alors été séduit par le côté romantique, voire chevaleresque des pilotes — il mourait quasiment un pilote par GP en ces temps-là —, par la vie de nomade qu’ils menaient et par la solidarité qui semblait animer les paddocks. On appelait ça l’esprit de famille. On n’était pas encore à l’ère du sport-business et le marketing n’avait pas complètement pourri la moto. Il existait bien des inimitiés entre les pilotes — Ago et Read se détestaient, tout comme Schwantz et Rainey dans les années 80-90, Rossi et Biaggi dans les années 2000 ou Rossi et Marquez aujourd’hui, mais les valeurs du sport étaient respectées. La solidarité, aussi.

À l’occasion des trois derniers Grands Prix de cette saison, j’ai perdu mes illusions. Pas parce que mon idole s’est inclinée après avoir mené le Championnat toute l’année. Pas parce que le pilote que j’aime le moins a remporté un titre qu’il ne lui revenait pas de gagner sans livrer bataille. Mais parce qu’un pilote — que j’admirais — a décidé de jouer les arbitres dans la course au titre alors qu’il n’avait plus rien à gagner ni à perdre, si ce n’est sa dignité et sa réputation. Aujourd’hui, il a perdu les deux et il s’étonne que les spectateurs et les fans de GP le huent sur le podium ou l’invectivent sur les réseaux sociaux. « Qui sème le vent récolte la tempête! »

Photo © Didier Constant /1990

Kevin Schwantz à Laguna Seca. Photo © Didier Constant /1990

Au fil des décennies, mon amour du sport et des pilotes a survécu à toutes les tourmentes, à tous les changements de la garde. Après Les Giacomo Agostini, Phil Read, Mike Hailwood, Angel Nieto qui ont embelli mon enfance, ce fut au tour de la relève française menée par Patrick Pons, Michel Rougerie, Thierry Tchernine, Raymond Roche, Christian Sarron ou Gilles Husson, qui est devenu mon ami par la suite, de me faire rêver à un champion tricolore. Rêve qui s’est réalisé avec Pons, en 1979 et avec d’autres depuis. Sans oublier les Johnny Cecotto, Jarno Saarinen, Barry Sheene et Kenny Roberts qui ont égayé mon adolescence par leurs performances. Dans les années 80-90, la période glorieuse des Grands Prix selon moi, en plus d’être celle de mon passage à la vie adulte, ce sont Freddie Spencer, Kevin Schwantz, Eddie Lawson, Wayne Rainey, Wayne Gardner, Randy Mamola ou encore Mick Doohan qui m’ont fait rêver.

Alors que je croyais que le passage au nouveau millénaire marquerait la fin de ma passion — mes idoles ayant raccroché leurs cuirs —, un gamin du nom de Valentino Rossi est arrivé dans le décor. Un gosse prétentieux, facétieux et hyper talentueux venu d’un petit village du nord-est de l’Italie nommé Tavulia, aujourd’hui connu du monde entier. Un pilote de génie qui allait révolutionner le sport et redéfinir les standards par lesquels les autres seraient jugés.

Champion du Monde 125 en 1997, Champion du Monde 250 en 1999, il accédait à la catégorie reine en 2000 et remportait cinq titres consécutifs entre 2001 et 2005, puis deux autres en 2008 et 2009. En plus de devenir l’idole de millions d’amateurs.

Aujourd’hui, à 36 ans, Vale est plus grand que le sport, ce qui l’amène parfois à faire certaines déclarations mal avisées ou à poser des gestes dont on peut questionner la pertinence. Malgré une traversée du désert qui a duré deux années suite à son passage catastrophique chez Ducati, Rossi est revenu au meilleur de sa forme et au sommet de la hiérarchie mondiale. Il a repris goût à la lutte et à la victoire. En 2015, il a remporté quatre Grands Prix, le dernier en date à Silverstone, en Grande-Bretagne et a mené le championnat aux points jusqu’à la dernière course.

Nous étions des millions à attendre l’affrontement ultime entre Rossi et Lorenzo pour voir lequel des deux allait coiffer la couronne mondiale 2015. Les deux la méritaient pleinement à la vue de leurs résultats. Puis, il y a eu le GP du Malaise, à Sepang. Et celui de la Honte, à Valence. L’intrigue a tourné en eau de boudin.

L'image que beaucoup retiendront du GP de Valence. Marquez qui suit Lorenzo. L'a-t-il protégé? A-t-il réellement chercher à le dépasser? Nous ne le saurons jamais.

L’image que beaucoup retiendront du GP de Valence. Marquez qui suit Lorenzo. L’a-t-il protégé? A-t-il réellement chercher à le dépasser? Nous ne le saurons jamais.

En sport comme au cinéma, il faut un bon et un méchant et une rivalité de tous les instants entre ces ennemis jurés pour capter l’attention des spectateurs. Mais il faut aussi une fin digne de l’affrontement qui les oppose. Ce qui n’a pas été le cas à Phillip Island, à Sepang ou à Valence où le comportement de Marquez est sujet à caution. Au circuit Ricardo Tormo, Lorenzo et Rossi ont tous les deux fait une course extraordinaire, conforme à ce qu’on attendait d’eux. Mais peut-on en dire autant de Marquez? La question est soulevée et on ne peut malheureusement pas y apporter de réponse définitive. Seuls les intéressés pourraient répondre. Aujourd’hui, le doute subsiste. Mon ancien patron disait toujours : « s’il y a apparence de conflit d’intérêt, alors il y a conflit d’intérêt ». C’est la même chose avec la tricherie.

Personnellement, j’aime Valentino Rossi pour les mêmes raisons que j’aime Barry Sheene, Randy Mamola, Marco Lucchinelli ou Kevin Schwantz. Ce sont certes des pilotes égoïstes et prétentieux — ils le sont tous, sinon impossible d’évoluer à ce niveau —, mais ils possèdent un charisme incroyable, un sens de l’humour développé et une certaine dose d’autodérision. Ils sont anticonformistes et libres. À l’inverse, je déteste ceux qui n’ont que la prétention et le talent à nous offrir. Les calculateurs. Les comptables du sport. Ou ceux qui ont le charisme d’une moule. C’est pour cela que je n’ai jamais été un grand fan de Wayne Rainey que j’ai appris à connaître depuis et que je respecte énormément, ni de Max Biaggi, ni de Casey Stoner, ni de Jorge Lorenzo, ni de Dani Pedrosa. Ce qui n’enlève rien à leur talent. Chacun choisit ses idoles selon ses critères et, à preuve du contraire, le mauvais goût n’est pas un pêché capital.

Depuis Sepang, j’ai perdu toute estime pour Marc Marquez que j’adorais et qui devait remplacer Rossi dans mon cœur quand celui-ci aurait pris sa retraite.

Si je n’aime pas les coéquipiers-judas, j’aime encore moins les mauvais joueurs. J’ai besoin de croire, même si c’est naïf, à l’intégrité du spectacle que je regarde. De garder intacte la part de rêve qui m’anime. Un vestige de mon enfance inachevée, sans doute. Le problème aujourd’hui, c’est que la suspicion de tricherie entâche la fin du championnat et ternit le titre remporté par Lorenzo. En plus de faire peser le doute et mettre en péril l’avenir du MotoGP.

Si on ne peut plus croire à la neutralité des résultats, à la probité des acteurs des Grands Prix, pilotes et dirigeants inclus, à l’impartialité de la Dorna ou de la FIM, comment peut-on encore s’enthousiasmer pour le sport? Si un changement n’intervient pas rapidement, alors le MotoGP va péricliter et les fans déserter le championnat. Ce matin, plusieurs de mes amis ont résilié leur abonnement au site MotoGP.com qui retransmet en direct les courses du MotoGP, par dégoût. Difficile de les blâmer. Et les commanditaires qui voient la crise financière poindre à l’horizon vont trouver là une excuse parfaite pour quitter le sport sans devoir porter l’odieux de la situation. Ce mouvement est déjà amorcé et risque de s’amplifier. Malheureusement, le mal est fait.

24 réponses à “Un simulacre de finale grandiose!”

  1. Olivier Wagner

    Autant le dire tout de suite, j’aime Rossi et je n’aime pas Lorenzo. Mais comme tu l’as dit ce sont de formidables pilotes. J’aime bien Marquez et j’ai la faiblesse de penser qu’il est tombé des nues quand Rossi a déclaré en conférence de presse qu’il faisait le jeu de Lorenzo. Et je pense que c’est à ce moment là qu’il a décidé de se venger en bloquant Rossi dans sa possible accession au titre mondial, s’enfermant tout seul dans un rôle de méchant qui l’a complètement dépassé et qu’il n’a pas la carrure d’endosser. Je pense que Rossi a été lui aussi dépassé par la réaction de Marquez, tellement habitué qu’il est à ce que ses désirs soient des ordres. Mais bien plus que tout ça je pense que la Dorna et les instances qui régissent les Grand Prix sont réellement les responsables de ce fiasco. La décision de sanction a été prise bien trop vite alors même que tout le monde a pu voir dès le lendemain sur d’autres angles de prise de vue que Rossi n’avait jamais donné ce fameux coup de pied à Marquez. Cette décision stupide aurait pu être invalidée mais ceux qui l’ont prise ont sans doute également été dépassés par les évènements et vraisemblablement par peur qu’il soit dit qu’ils cédaient aux demandes de Rossi, ils ont préférés s’enferrer dans cette situation. A partir de là, tout le monde était piégé et la finale irrémédiablement ternie. Il y avait face à face deux lutteurs dont un avec un bras attaché dans le dos. Ce n’était plus qu’un simulacre de duel. Seul Lorenzo aurait pu encore faire quelque chose en décidant par exemple de se mettre à côté de Rossi sur la dernière ligne. Mais Lorenzo n’a pas cet esprit de chevalerie qui existait du temps du Continental Circus. Il aurait été si simple d’attendre la fin du championnat pour décider de déclasser Rossi si nécessaire. Ce résultat est mauvais pour tout le monde. Pour Lorenzo parce qu’il n’aura pas gagné son titre à la loyale, pour Yamaha parce que question popularité, entre Rossi et Lorenzo il n’y a pas photo, pour Marquez qui a cassé son image de successeur de Rossi dans le coeur des amateurs de GP. Quel gachis.

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    • Didier Constant

      Bien dit Olivier!

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    • Prou

      Bravo ,
      Je pense aussi que tout le monde a été depassé suite aux déclarations de Val après l’Australie ……même VR46 ……

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    • Lachaussee

      Tout à fait d accord avec ton analyse à une seule difference: on a vu le jour même au premier ralenti que Rossi ne donnait pas un coup de pieds mais repoussait Marquez qui venait de l eperoner.

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    • Iliannleny

      Beau dialogue les gars, total respect sur votre intéressant débat.
      Les journalistes peuvent prendre exemple 😉

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    • Pimpin

      Tout à fait d accord
      Belle analyse

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    • Bernard WAYSSE

      Je m’étonne que personne ne soulève le fait que Honda n’ait pas sanctionné Marquez dès ses premiers mouvements d’intimidation à l’égard de Rossi, qu’ils ne le jettent pas dehors après Valence…
      Voilà un pilote-vedette sous contrat avec une grande marque, qui fait passer ses rancoeurs personnelles devant les intérêts supérieurs de sa marque et qui, ensuite, aide le second pilote d’une marque concurrente à gagner l’un, le Championnat du Monde des Pilotes et l’autre, le Championnat du Monde des Marques… Bizarre, non ??
      Alors, que penser de l’attitude de REPSOL, sponsor principal de Honda et grand argentier de la Dorna ?!
      Pour Rossi, les ennuis ont commencé le jour où il a dit qu’il raccrocherait le jour où ça ne l’amuserait plus de piloter… On sait qu’il est de nouveau très affûté et performant… donc que la « Valemania » risque encore de durer et que son charisme efface les autres « couleurs », celles des marques, des produits commerciaux, etc.
      « On » cherche à s’en débarrasser, on cherche à l’écoeurer…
      Et pourtant, on me chante qu’un Rossi Champion du Monde est 1000X plus bankable pour la Dorna qu’un Lorenzo ?!?
      Allez savoir…

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  2. Joigny

    Tres bonne et lucide analyse, bel article de Didier et bon commentaire d Olivier. Je les rejoins dans leurs avis.

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  3. jean-marie Roch

    End of file?

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  4. Bear

    « On appelait ça l’esprit de famille. On n’était pas encore à l’ère du sport-business et le marketing n’avait pas complètement pourri la moto. »
    Pourquoi ne se limiter qu’à la moto ?
    TOUT le sport est pourri !

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  5. Didier Bothorel

    Quelle belle analyse, exactement mon point de vue ! Merci de me rappeler tous ces anciens excellents pilotes, moi qui ai une dizaine d’années en plus.

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  6. Anthony

    Superbe article et commentaire d’Olivier.
    Moi je rajouterais trois choses :
    1/ Quel est le rôle d’Honda dans cette affaire ? Ils n’ont pas voulu publier les valeurs télémétrique de la moto de Marquez. Voire Lorenzo tomber dans les bras et saluer des personnes du staff Honda c’est un peu trop il me semble et ils n’ont cessé de remettre de l’huile sur le feu.
    2/ On parle de la suspension de Rossi suite à ce coup de pied inexistant mais je ne suis pas certain qu’il est sanctionné pour ce fait. La sanction à mon avis est plus du fait que Rossi bloque volontairement Marquez dans la courbe se relève et le regarde, ils ont estimé que c’est acte n’avait rien à faire sur un circuit et comme le dit le boss de la fédé les contacts existent en moto GP !!!! Et que dire de cette même fédé a qui Yamaha a demandé de l’aide en sentant venir les gros problèmes et ils n’ont même pas répondu à l’appel du team.
    3/ Quid de cette dominance Espagnole : la Dorna, 4 circuits, tant de pilotes et de sponsors du même pays. Sont-ils tous sur un même pied d’égalité?

    Pour ceux qui ont le temps il y a une interview du pilote Espagnol Fonsi Nieto qui explique sa version des faits et sa façon de penser de certains pilotes, c’est très intéressant.
    Je ne sais pas comment va se passer le début de la saison 2016 mais il va y avoir de sacrés tensions…….

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    • Annou

      Je suis tellement ravie de voir tous ces commentaires posés et objectifs sans déferlement de haine… Ca repose un peu :))
      Tes 3 questions sont effectivement interpellantes mais resteront, hélas, sans doute sans réponse.
      Où peut-on trouver l’interview dont tu parles ? Si tu as le lien …. il sera le bienvenu 🙂

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  7. patlai

    Perso , je pense que la saison reprendra tout à fait normalement . Ce n’est pas le premier scandale dans le sport de haut niveau et à chaque fois tout repart normalement , comme si rien ne c’était passé.Tout va très vite aujourd’hui et la passion reprend le dessus rapidement.

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  8. Alexandre AMORTILA

    Bonjour à tous,

    Je me permets d’intervenir car je faits parti des moins expérimentés en MotoGP parmi vous.
    J’ai découvert la MotoGP par hasard il y a seulement 3 ans en tombant par hasard sur une glisse dans une courbe à couper le souffle. On m’a dit qu’il s’appelle Marquez dans sa première année en MotoGP !.
    J’ai réalisé que la moto c’est ça: surtout le style ensuite la vitesse.
    Je ne connais pas Rossi, pas plus que les autres, mais je trouve que c’est un grand champion qui ne veux pas baisser les bras face à des jeunes surtout après 2 années difficiles passées chez Ducati. Il a même réussi à changer de style et à améliorer sa vitesse constamment. Avec son obstination et sa régularité il a réussi à rester en tête du championnat jusqu’à la dernière course. Bravo Rossi. Je comprends que l’on puisse être admiratif et fan.
    Mais:
    – est-il plus rapide que les autres ? Non
    – a-t-il un meilleur style ? Non
    – a-t-il gagné plus courses cette année que les autres ? Non
    – a-t-il eu da la chance cette année ? Oui: il a eu beaucoup de chance grâce aux difficultés de Honda pendant les 6 premières courses. Oui il a eu de la chance grâce au chat noir qui faisait pleuvoir plus que d’habitude. Alors, très tôt, il s’est fait des illusions de victoire.
    Mais la chance ne pouvait pas lui sourire éternellement. S’il n’a pas gagné c’est que les autres étaient plus rapides.
    La désillusion est telle, que Rossi a pêté un câble, et c’est normal.

    Ma conclusion: Calmons-nous. Arrêtons la théorie du complot. Incriminer Marquez, la DORNA, L’Espagne, Le Roi d’Espagne… ne sert à rien. Aucun expert n’y croit y compris Agostini lui-même.
    Je suis certain que Rossi va se ressaisir. Il n’abandonnera pas. Il va nous étonner par beaucoup de progrès en 2016. Il va montrer au autres comment exploiter au mieux les nouveaux pneus Michelin 17″. Croyez-moi, vous allez voir…

    Alexandre AMORTILA qui parie que les guerriers vont enterrer la hache très vite pour réveillonner ensemble 🙂

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    • Didier Constant

      La chance fait partie du talent. Et ses adversaires ont eu, eux aussi, leur part de chance et de malchance à l’occasion. C’est normal dans le cadre d’un championnat de 18 courses.
      De grands champions comme Agostini peuvent aussi se tromper. Il n’a pas le monopole de la vérité. Il y a d’autres Champions du Monde qui ne partagent pas son point de vue. Ce ne sont que des points de vue. Et par définition ils sont partiaux, subjectifs.

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  9. Adrien

    Bonjour à tous, j’ai trouvé l’ensemble de ces remarques très pertinent a une exception près, celle qui invoque la chance de Rossi pour se retrouver en tête du championnat avant le dernier GP. Tous ceux qui savent ce que représente la compétition à ce niveau seront d’accord avec moi pour dire qu’il faut autre chose que la chance pour arriver là. Par contre sans elle on échoue presque toujours…

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  10. kick

    On a déjà écris beaucoup de ligne sur le sujet et les avis divergent autant que le nombre de feuilles mortes tombées ces derniers jours. Truquage dans le foot et ça depuis bien longtemps. L’IAAF pointée du doigt à cause d’un nouveau scandale lié au dopage. J’en passe et des meilleurs ….Et c’est vrai, le petit monde de la moto avait été jusqu’ici ± épargné. Je comprends l’amertume de certains mais ce n’est pas parce-qu’un paragraphe est loupé, que le livre est mauvais.Tout le monde se relèvera de cette mauvaise blague, des leçons en seront tirées. Un âne ne trébuche jamais sur la même pierre …Laissez passer l’hiver, il fera du bien à tout le monde.

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  11. Bousquet Chrystophe

    Bonjour à tous, nouveau venu sur ce site,je partage la plupart de vos analyses. Je souhaite que les nouveautés réglementaires 2016, nous procurent d’intenses émotions
    jusqu’au bout de la saison et que celle-ci consacre « nôtre »
    VR46

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  12. HABSIGER Laurent

    Vos articles et réponses sont très intéressants.
    Pour aller plus loin de ce qui a été très bien dit, car à mon sens le problème est plus profond que cette simple lutte Marquez/Rossi.
    Je me permets de le dire en tant que professionnel de la moto et ancien mécanicien de course (notamment en Grand Prix 500)
    J’étais fan des Schwantz Rainey Kocinski, Doohan et comp. lorsque j’ai vu « naître » Rossi et suivi toute sa carrière ainsi que celles des autres grands champions qui l’ont affronté.
    On ne peut qu’être admiratif devant ce personnage exceptionnel de talent et d’intelligence. Il les a tous terrassé les uns après les autres, sur plusieurs générations, plusieurs marques, différents type de moto (2T/4T) avec éléctronique ou sans, différents type de pneus etc…
    Il faut comprendre plusieurs choses :
    C’est un tueur et pas seulement en piste. Tout est prémédité dans sa communication, ses frasques, les peintures de ses casques, il y a toujours un message précis.
    Il a toujours soigné son image, comme un politicien, il s’est toujours arrangé de mettre le plus grand nombre de personne dans sa poche.
    Il est ami avec Ezpeleta, avec les instances dirigeantes, il est consulté pour les grandes décisions prises par ces instances.
    Il s’est permis un block pass sur Giberneau et Biaggi, Le corks crew sur Stoner qui ne s’en ai jamais remis…sans qu’on ne lui dise quoi que soit.
    Il n’est pas très aimé des autres pilotes car il a construit une hégémonie dans les paddocks, qui en faisait « son championnat ».
    Quand il emmène Stoner au freinage plus que limite, il y a 15 commissaires pour aider Rossi à se relever et 4 pour Stoner …
    Aujourd’hui, il est patron d’un team, multi millionnaire, actionnaire AGV-Dainese, pilote moto gp, ami d’Ezpeleta, patron de sa société de fabrication et de vente des produits dérivés VR46 et pour la petite histoire des produits de Marquez !
    Tant qu’il semblait sympathique, qu’il ramenait de l’audimat l’organisation ne s’en plaignait pas mais voilà l’homme a pris une telle importance…
    Après l’épisode Ducati, j’y reviendrais car il y a des choses troublantes, Une bonne partie du staff Yamaha n’en voulait pas / trop vieux, sur la fin, il ne gagnera plus … mais aussi car avec Lorenzo c’était tendu et donc avec son staff aussi. c’était vraiment pas fait ! mais Ezpeleta a dit vous vous débrouillez pour que Rossi roule … s’il n’y a pas Rossi, j’ai pas de télé !
    Rossi avait de toute façon déjà la parade, il était question qu’il fasse son propre team en ramenant le géant Pepsi! Imaginez vous ce que ca représente par rapport à Repsol ou Movistar ?
    A part en Espagne, où peut voir des stations Repsol ? par contre Du Pepsi y en a dans tous les frigos !
    On sait également qu’il entretien de très bonnes relations avec le Quatar, il met d’ailleurs un point d’honneur à gagner la-bàs aussi parce que c’est le premier GP de la saison et que ca lui donne un avantage psychologique.
    Bref Rossi ce n’est la Tartaruga mais plutôt la pieuvre !
    Clairement, il devient gênant pour ce championnat Espagnol, faut dire les choses telles qu’elles le sont, avec tout leur petit monde de pilotes, partenaires, organisateurs … ils sont tous Espagnol. N’oubliez pas que c’est le sport national là-bas le roi d’Espagne est présent !
    Avez vous vu Hollande prendre dans ses bras Zarco ?
    Il est puissant, influent, il a l’opinion publique pour lui … que va t-il faire après sa carrière de pilote ? Ezpeleta sait très bien qu’il pourrait prendre sa place et plus encore …
    ET puis il faut être honnête, il ne pourra pas être à la fois patron de team, pilote, et peut être membre du bureau permanent ou siéger à la Dorma ou qui sait membre du gouvernement Italien ! (Vu l’ambition du bonhomme)

    Pour en revenir aux évènements, il est clair qu’il n’ y a pas de coups de pieds et que l’obstruction de Marquez depuis plusieurs GP était claire. Le 10 eme titre devenait plus qu’envisageable et il ne fallait surtout pas que ça arrive .
    Alors là ça aurait été l’apothéose pour Rossi, sa puissance et son influence auraient explosé lui ouvrant toutes les portes et même celles des Rossi-septiques Quasi obligé de se rallier à sa cours, pardon à sa cause !

    S’il prend le contrôle de l’organisation des GP à sa retraite de pilote, qu’en sera t il des accords avec Repsol et Movistar, des quatres GP Espagnols, etc … Il faut comprendre que c’est une partie de l’économie Espagnole qui est en jeu !
    Marquez, Pedro et même Lorenzo sont des pions sur cet échiquier.
    Eh oui Pedro également! Arrêtez de croire que c’est le seul gentil. Comment expliquer qu’il a loué une paire de couille dans son duel avec Rossi juste pour un Week-End alors qu’on l’ a pas vu de l’année ? Comment peut-il revenir en 2 ou 3 tours alors qu’il a la moitié de la ligne droite de retard à Valence ? Comment expliquer que le tour d’après sa remontée fulgurante il reste derrière Marquez en redécrochant ? …
    Après, on peut se poser plein de questions : pourquoi Rossi n’a t-il pas eu se qu’il voulait chez Ducati ?? chez les siens ?? pourquoi le nouveau châssis alu dont il demandait sa conception n’est arrivé qu’après son départ ? pourquoi a t-il autant hésité d’aller chez Ducati malgré tout ce que cela représentait : Rossi le meilleur pilote de tous les temps, Italien, sur la plus prestigieuse des marques Italienne ? Alors qu’il sait qu’ils savent faire des motos qui gagnent … peut être parce qu’il n’avait pas l’assurance justement que tout le staff allait être dévoué à sa cause. Il n’y métrisait pas tout le monde, et il n’a signé qu’en considérant que l’apport d’Audi lui permettrait d’obtenir cette impartialité du staff et suffisamment de moyens pour se fabriquer la moto pour gagner. Pourquoi Presiozi s’est entêté dans ses choix contre ceux de Rossi et ses mécaniciens ?

    Que dire des Japonais YAM/HONDA dans cette affaire ? complice pour l’un, hypocrite pour les deux.
    Franchement vous les voyez communiquer les datas de Marc ? MDR !
    J’ai un moment cru que la dignité et le sens de l’honneur, qui leur sont cher, prendraient le dessus quand on a vu tout le monde rentrer dans le rang à la conférence de presse d’avant Valence. Rossi y regrette son geste et tout le monde il est beau et vive le sport …mais j’étais encore trop naïf … c’est du gros business et y a pas de place pour ça.
    Valence n’a fait que confirmer. Vous avez vu après la course Rossi prenant à partie Ezpeleta devant son staff pour le mettre au pied du mur : « j’te l’avais pas dit Jeudi ? (x2), de la merde ! hein ? »
    Comme le parrain, Rossi lui tape sur les épaules avec ce regard : t’es mon ami ? alors c’est quoi cette merde ? Ezpeleta sait que quelqu’un filme et il fuit le regard de Rossi, il est gêné et ne peut répondre (ce serait avouer) c’est énorme comment Rossi lui fait face, face aux autres. Rossi est puissant et il le sait. Il a l’opinion publique dernière lui !

    Officiellement, les grands patrons (de YAM et HONDA) auraient décroché leur téléphone eux même et peut être même directement avec les pilotes pour dire stop et ne pas perdre la face ! officieusement le complot devait aller à son terme.

    Ca ne sera plus jamais comme avant… à moins que le pouvoir de l’argent ne fasse rentrer tout le monde dans le rang, nous y compris en continuant à regarder cette mascarade en 2016 !
    Comme dans la F1 ou le foot où les stades sont toujours aussi plein de smicards payant leur place pour aller voir des multimillionnaires jouer la comédie du sport !

    Tiens ? j’ai justement eu un mail de motogp.com pour mon réabonnement au videopass … je ne pense pas renouveler … à moins que Rossi …

    Laurent Habsiger.

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  13. TISON-LARSSON Guy

    Bonjour,

    Je dois avoir ton âge, ou je n’en suis pas loin, car moi aussi j’étais sur les circuits en 68. J’ai pleuré en regardant le film Continental Circus, cette année là, j’avais perdu quelques amis motards. Parmi toutes ces idoles, j’adorais Jack FINDLAY qui nous a quitté il n’y a pas longtemps. Bel article que tu nous a pondu, merci d’avoir réveillé tous ces chevaliers. Appel de phare. Vale laissera son nom dans l’histoire comme Ago.

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  14. Meyer

    Et bien Messieurs vous m’en boucher un coin,moi qui regarde la moto de loin mais qui adore les extra terrestre comme Rossi je croyais encore à l’esprit chevaleresque des Agostini … Tous les sports sont pourris par l’argent,qu’est ce qui nous reste le lancé de noyau de cerise , tout cela est bien triste

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  15. Yvon

    Quand même bizarre cette sortir de Rossi envers Marquez, Rossi est-il le seul qui voyait le jeux de Marquez?? Quand je regarde le tout depuis la première course, je vois des pilotes qui se défoncent pour le drapeau à damier, Avec les chutes de Marquez, Rossi se voyait peut-être déjà champion 2015, mais un certain Lorenzo 5 victoires de suite voyait sans doute la chance de remporter un 3ième championnat en GP. Comment peut-ont blâmer Marquez et Pedrosa de ne pas avoir mit de la pression pour dépasser Lorenzo, celui-ci ne pouvait se permettre de se la couler douce car il savait très bien que Rossi ferait tout pour le rejoindre, Lorenzo aurait pu chuter, mais rien de cela n’est arriver.Comment expliquer que Rossi a pu remonter jusqu’en 4ième place, pourtant les Ducati ont été dans le coup toute la saison,Ducati et les autres ont-ils laisser passer Rossi volontairement?? Mais malheureusement pour lui les 3 autres étaient trop loin devant.Ce qui sait passer en Malaisie est déplorable, le fait que Rossi est attendu Marquez avant sa chute lui aura été fatal(partie dernier), car il ne la pas pousser, ont le vois très bien. Ce que je trouve ironique dans tout cela, c’est que Rossi était le premier à félicité Marquez lorsque celui-ci gagnait les courses dans les 2 dernières saison, sans doute content de voir que son succédeur Lorenzo qui l’avait sortie de chez Yamaha n’avait aucune chance pour le championnat. Personnellement, je ne suis pas un fan de Lorenzo, j’aime bien Marquez et j’aimais bien Rossi, mais je crois que le seul responsable de ce non 10ieme titre, c’est Rossi lui-même.

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  16. Dgis

    Merci pour cet article et ces photos magnifiques. Je suis aussi de la vielle école, mon casque c’est un arai John Kocinski réplica, en course amateur mon numéro le 34, ma moto une VFR750 RC36 … que dire fan absolu de moto, route, endurance, cross, enduro. Bref, je connais bien la moto et c’est une partie de ma vie. Rossi est un immense pilote et pas qu’en moto même dans une F1 ou une voiture de rallye il « est vite » très vite. Ce mec a le pilotage dans la peau, maintenant c’est un homme avec ses coups de sang et ses coups de gueule. Je ne suis pas d’accord qu’on dise qu’il n’est pas le plus rapide, celui qui n’a pas gagné le plus de course … etc (pour répondre à Alexendre A), 9 titres de champion du monde personne n’avait jamais fait ça !!! En cross, il y a Stefan Everts encore un autre extra terrestre qui peut en dire autant. Ce sont des légendes vivantes et ils créent de la jalousie et de la convoitise à cause de leurs talents. Cela n’enlève rien au talent des autres pilotes. Il faut se mettre sur une moto de course et rouler pour se rendre compte que c’est de la folie de rouler comme ils roulent durant 30 tours. Mon avis est le suivant et cela n’engage que moi, Marquez a joué au con à la place de faire ce qu’il sait faire le mieux piloter et aller vite, à mes yeux il sera toujours le mec qui a fait foirer une très belle saison de GP moto. Rossi ne demandait pas qu’on lui donne son 10 eme titre, il s’est battu comme un lion toute la saison et ça, personne ne peut le nier, ce sont les faits. Il est en rage en Malaisie parce que Marquez n’as pas une attitude digne d’un pilote GP, il vient se frotter et prend une cruche. Alors coup de pieds et autres conneries de télémétrie … hahahaha. Il a joué au con c’est planté, je ne vais pas le plaindre, il s’en tire plutôt bien car il aurait très bien pu se faire très mal. Il m’a gâché mon plaisir de fan de moto et de bcp d’autres aussi, il s’est fait huer par la moitié du paddock quand il était sur le podium. Une bonne majorité des pros de la moto ne s’expriment pas car il ne veulent pas aggraver le cas de Marquez, que Marc revienne à l’essentiel l’année prochaine c’est tout ce que les fans de moto demandent, de belles courses avec la poignée dans l’angle. J’en profite aussi pour mettre en avant les pilotes de fond de classement qui n’ont pas des motos aussi performantes que les écuries de pointe mais qui font aussi leur course avec détermination et professionnalisme. J’espère que le championnat ne sera pas torpillé l’année prochaine et que tous ces conflits se régleront sur la piste en 10 ième de seconde, en tous cas je serai tjrs là pour les regarder.

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